Le CIUSSS estime que les problèmes de santé liés à la chaleur surviennent normalement si le mercure dépasse 31 degrés Celsius de jour et 18 de nuit pendant au moins trois jours consécutifs, ce qui est le cas actuellement.

La canicule mobilise le CIUSSS

Pour la première fois depuis 2010, le CIUSSS de l’Estrie–CHUS passe à l’étape de la mobilisation pour faire face à la vague de chaleur qui frappe le Québec. Plusieurs ressources seront donc mobilisées pour aider les clientèles à risque. Ce plan d’action s’étend dans tout le réseau de la santé, mais aussi entre autres aux CPE, aux camps de jour et aux activités sportives.

« On a atteint la phase de réponse d’urgence maximale, souligne la Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique au CIUSSS de l’Estrie–CHUS. On commence à évaluer que le risque pour la santé de la population grandit. On demande donc à tous les acteurs qui ont un rôle à jouer d’accentuer leurs efforts pour faire face à cette vague de chaleur. »

« Par exemple, on va faire un suivi plus rapproché avec notre clientèle itinérante et nos grands malades chroniques, poursuit-elle. On va accentuer les interventions et faire des relances téléphoniques. Au niveau municipal, ça peut vouloir dire d’étirer les heures d’ouverture des piscines municipales et de s’assurer que les jeunes dans les camps de jour ne souffrent pas trop de la chaleur. »

Le CIUSSS estime que les problèmes de santé liés à la chaleur surviennent normalement si le mercure dépasse 31 de jour et 18 de nuit pendant au moins trois jours consécutifs. C’est le cas depuis vendredi soir et la vague de chaleur ne semble pas sur le point de s’essouffler. Le facteur humidex est également très élevé.

Dre Mélissa Généreux

« C’est aussi la première vague de chaleur de l’année et notre corps est moins acclimaté, précise la Dre Généreux. C’est pour cela que les gens qui habitent dans le sud par exemple riraient de nous voir nous plaindre de cette chaleur. Ils sont acclimatés et leur corps va mieux réagir que le nôtre. »

« Ce n’est pas encore catastrophique, mais on voit des signes que la population commence à souffrir de la chaleur, ajoute-t-elle. Le nombre d’appels à Info-Santé liés à la chaleur a énormément augmenté dans les 24 dernières heures. Il y a aussi une hausse significative des transports ambulanciers toutes causes confondues. Il y a aussi quelques coups de chaleur qui nous ont été rapportés. On ne veut pas attendre que la situation se détériore trop. »


« C’est presque une personne sur deux qui va en décéder. »
Dre Mélissa Généreux

Un décès au courant de la fin de semaine pourrait même être dû à la chaleur. « Pour confirmer que la chaleur est en cause, il faut l’expertise d’un coroner et ça peut prendre quelques semaines, voire des mois, signale la Dre Généreux. Mais on en aurait potentiellement un. On ne peut pas confirmer pour l’instant. »

Coup de chaleur ou épuisement?

La Dre Mélissa Généreux rappelle aussi la différence entre un coup de chaleur, qui est très grave et potentiellement mortel, et un épuisement lié à la chaleur.

« On dit souvent qu’on a fait un coup de chaleur, mais c’est presque une personne sur deux qui va en décéder, lance-t-elle. Lors d’un vrai coup de chaleur, notre température monte à 39 ou 40 degrés. Notre corps perd le contrôle et nos organes sont en train de défaillir. C’est vraiment grave. »

« Ce que la plupart des gens vivent, c’est un épuisement par la chaleur, confirme-t-elle. La température du corps se met tranquillement à monter, on sue beaucoup et on commence à se sentir faible et étourdi. On peut avoir des nausées. Ce sont des signes à surveiller pour peut-être appeler Info-Santé et même peut-être se rendre à l’urgence. »

La Dre Généreux conseille de garder un œil attentif sur les enfants.

« L’un des signes qu’ils sont déshydratés, c’est qu’ils ne vont plus uriner, mentionne-t-elle. Ils ne vont pas nous dire qu’ils ont chaud et leur petit corps a moins la capacité d’évacuer le surplus de chaleur que les adultes. Il faut vraiment vérifier s’ils continuent à uriner. L’important est de les hydrater toutes les 20 minutes et de ne pas attendre qu’ils demandent à boire. On essaie aussi de varier les liquides parce que dans la sueur on perd aussi du sel. Si on fait seulement remplacer par de l’eau, éventuellement il va manquer de sel dans notre corps. Donc on essaie de prendre de l’eau, c’est très important, mais aussi des jus ou d’autres liquides. »