La campagne multiplateforme « Ni viande ni objet », lancée en septembre dernier, met non seulement de l'avant du contenu visuel qui frappe l'imaginaire, mais aussi des outils pour changer les mentalités et les comportements qui mènent à ces agressions.

La campagne « Ni viande ni objet » se propage

La campagne de sensibilisation aux violences sexuelles « Ni viande ni objet », conçue par des étudiants du Cégep de Sherbrooke, rayonnera partout dans la province, puisqu'elle sera reprise par une vingtaine d'établissements collégiaux et universitaires au cours des prochains mois.
L'automne dernier, la campagne a été présentée à la Commission des affaires étudiantes de la Fédération des cégeps, c'est-à-dire à tous les directeurs et directrices des services des affaires étudiantes des 42 cégeps de la province.
« La réponse a été très bonne. On a même été approchés par des associations étudiantes universitaires, des enseignants et enseignants au secondaire et d'autres organismes communautaires. À ce jour, on a 18 cégeps qui ont demandé de reprendre la campagne en tout ou en partie », explique Alexandre Blanchette, responsable de la campagne et conseiller à la coordination de l'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke.
Pour tenter de prévenir les violences à caractère sexuel, la campagne multiplateforme « Ni viande ni objet », lancée en septembre dernier, met non seulement de l'avant du contenu visuel qui frappe l'imaginaire, mais aussi des outils pour changer les mentalités et les comportements qui mènent à ces agressions. Grâce à des partenariats avec le CALACS Agression Estrie, le Service de police de Sherbrooke, le CAVAC et le Cégep de Sherbrooke, des ateliers de sensibilisation, des cours d'autodéfense gratuits et des soirées « 5 à sexe » ont notamment été organisés.
Les établissements qui reprendront la campagne auront toutefois la liberté de n'utiliser que les outils qu'ils considèrent comme « adaptés à leur réalité ».
« Dès le départ, les étudiants étaient conscients du manque de ressources dans le réseau collégial, indique M. Blanchette. [...] Alors, il était clair dès la création de la campagne qu'on souhaitait en faire une campagne qui pouvait s'exporter dans les autres milieux collégiaux, qui était clé en main, mais aussi adaptable selon les besoins de chaque communauté. »
L'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke offre également du soutien aux autres associations collégiales afin qu'elles puissent bien mener la campagne dans leur milieu.
« Avec mes collègues, on s'est promené de cégep en cégep, lorsqu'il y avait une demande, pour présenter de vive voix ce que nous avions fait, les canevas, les plans d'action, tout ça. Comme ça, même s'il n'y a pas beaucoup de ressources, c'est simple de se réapproprier la campagne. »
Soutien
En plus de sensibiliser les étudiants et étudiantes aux violences sexuelles et à certaines notions comme le consentement, les concepteurs de la campagne « Ni viande ni objet » souhaitent s'assurer que des ressources soient facilement accessibles pour les victimes dans les cégeps.
« On veut que sur les campus, les étudiants et étudiantes sachent exactement où aller pour dénoncer des violences sexuelles, pour obtenir du soutien, pour être en sécurité, mentionne Alexandre Blanchette. Ça prend la forme d'affiches, de nouvelles sections sur le site web des cégeps, de cartes de consentement, etc. »
« En parallèle à ça, on regarde aussi s'il y a des politiques, des mesures d'intervention en cas d'incidents intracampus. Au Cégep de Sherbrooke, il y a une politique, mais elle avait besoin d'être rafraîchie, alors on continue à la travailler. Ensuite, le but, c'est de faire en sorte que les partenaires qui le souhaitent puissent se prémunir de ce canevas de politique et se l'approprier. »
Manifestation
Par ailleurs, une manifestation organisée notamment par le mouvement Québec contre les violences sexuelles aura lieu mercredi, dès 18 h, à Sherbrooke. Ce rassemblement vise à dénoncer « le pouvoir judiciaire contre les victimes de violences sexuelles et l'impunité des agresseurs ».
Les participants amorceront leur marche au Palais de justice de Sherbrooke et se rendront jusqu'au Cégep de Sherbrooke. Il s'agit d'un « parcours symbolique » pour « pouvoir collectivement prendre conscience du chemin qu'il reste à faire sachant qu'une femme sur trois et un homme sur six seront victimes de violence sexuelle au courant de leur vie ».
Une conférence-discussion sur l'intersectionnalité et les oppressions suivra. Les conférencières sont Dalila Awada, cofondatrice de Paroles de femmes, et Gabrielle Bouchard, coordonnatrice du soutien entre pairs et défense des droits trans pour le Centre de lutte contre l'oppression des genres.