Fanny Rioux-Nadeau, Jacob Pruneau et leurs deux enfants Blanche et Léandre sur leur terre de sept acres, à Saint-Joachim-de-Shefford, où ils visent l’autonomie, à la fois énergétique et alimentaire.
Fanny Rioux-Nadeau, Jacob Pruneau et leurs deux enfants Blanche et Léandre sur leur terre de sept acres, à Saint-Joachim-de-Shefford, où ils visent l’autonomie, à la fois énergétique et alimentaire.

La belle vie avec Go-Van: une famille guidée par l'autonomie bien avant la crise

Fanny, Jacob et leurs deux enfants Blanche et Léandre n’ont pas attendu la crise actuelle pour adopter un mode de vie guidé par l’autonomie, la nature et la simplicité. L’émission La belle vie avec Go-Van, sur Unis TV, braquera jeudi soir ses projecteurs sur cette famille de Saint-Joachim-de-Shefford.

L’ancien autobus scolaire peint en blanc et entièrement réaménagé pour accueillir les membres de la famille ne passe pas inaperçu. «Il suffit d’y croire», écrit sur le devant de l’engin, annonce la couleur. Croire en ses rêves, en ce qui nous anime profondément, dans ce qui nous semble parfois impossible à réaliser...

Il y a trois ans environ, Jacob Pruneau, copropriétaire d’une entreprise de construction, en a eu assez de courir pour de l’argent. «J’étais épuisé, pris avec des dettes, je passais la plupart de mon temps à m’occuper de ma business... tout ça pour avoir deux semaines de vacances l’été, ça ne faisait plus de sens pour moi.»

D’un train de vie de surconsommation, avec plusieurs véhicules, un bateau, un tracteur, etc., le couple est passé à un régime beaucoup plus léger. Ils se sont départis de beaucoup de choses et n’ont gardé qu’une seule petite voiture. Les sorties au resto sont rares, Fanny cuisine beaucoup, ils se limitent à ce qu’ils jugent essentiel.

«On prend le temps de se poser des questions», évoque Jacob.

C’est à l’Île-du-Prince-Édouard que l’émission diffusée jeudi a été tournée.

Festival El campo

Si Jacob reconnaît n’avoir «jamais été confortable avec le système» et que leur vie d’aujourd’hui est le résultat d’un long cheminement, le fait de rencontrer d’autres adeptes d’un mode de vie autonome «nous a donné les certitudes dont on avait besoin pour décrocher complètement».

Le festival El campo a été cette révélation, à l’été 2017. Situé au mont Radar (ouest de la Beauce), l’événement regroupe chaque été depuis cinq ans une communauté de plusieurs dizaines de personnes soucieuses de sortir des sentiers battus. «Là, on s’est rendu compte qu’on n’était pas les seuls à penser autrement», dit-il.

Apprivoiser l’inconnu

Cette nouvelle façon d’apprivoiser la vie a amené la petite famille à parcourir la Gaspésie et l’est du Canada pendant trois mois l’été dernier, au gré de la météo, de l’instinct et des rencontres. C’est d’ailleurs à l’Île-du-Prince-Édouard que l’émission qui sera diffusée jeudi a été tournée.

De la Gaspésie à l’Île-du-Prince-Édouard, ils ont choisi leur route et leurs arrêts en s’éloignant constamment du circuit touristique classique.

«Le circuit touristique est fait pour les gens qui n’ont pas de temps, explique Jacob. Quand tu as juste deux semaines pour faire le tour de la Gaspésie, “le Coin du banc” [un endroit situé à 20 minutes du Rocher Percé, magnifique selon eux, NDLR], tu ne le vois pas.»

«Notre plus beau souvenir de voyage a été notre rencontre avec Clément, un amoureux des fossiles, sur la plage Henderson à New Richmond. C’était magique.»

Léandre, 7 ans, aime manifestement la vie en autobus

Loin des écrans et des tablettes, Blanche et Léandre — 10 ans et 7 ans — on tripé sur... les roches vieilles de «plusieurs millions d’années» aux côtés de ce monsieur de 80 ans qui couchait lui aussi dans sa van. «Avec sa simplicité, il nous a fait grandir», disent-ils.

Cette rencontre inspirante n’aurait pas été possible si leur voyage avait été planifié d’avance. C’est en effet par hasard si la petite famille s’est retrouvée sur cette plage. «Au début, c’est insécurisant de ne rien planifier, mais à un moment donné, tu développes quelque chose, tu finis par apprivoiser l’inconnu», disent-ils.

Maison autonome

Cet été, l’autobus servira encore, mais différemment.

Le couple a en effet acquis une terre de sept acres à Saint-Joachim sur laquelle il prévoit construire cet été une maison autonome, notamment en électricité, et entourée de petits animaux — poules, lapins, chèvre. L’autobus servira de maison le temps des travaux.

Les amis seront les bienvenus à ce nouveau pied à terre, l’endroit se voulant un lieu d’échange et d’entraide. «Aujourd’hui, on se sent en contrôle pour suivre notre propre chemin, exprime Jacob. Je ne veux plus jamais perdre cette autonomie personnelle.»

Ce 8e épisode de l'émission La belle vie avec Go-Van est diffusé le jeudi 16 avril sur UNIS TV et sera ensuite disponible gratuitement sur le site Web de l'émission

Julien Roussin Côté est à l’origine de l’émission<em> La belle vie avec Go-Van</em>. Il est ici aux côtés de Fanny Rioux-Nadeau.

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«LA CRISE NOUS OBLIGE À NOUS POSER DES QUESTIONS»

«En ce moment, les gens sont obligés de se questionner sur ce qui fait du sens pour eux», croit Jacob Pruneau, la crise de la COVID-19 redéfinissant l’espace-temps dans lequel nous évoluons.

Sans minimiser la détresse que plusieurs vivent présentement, Jacob croit «qu’il y a aussi du positif dans cette période».

Julien Roussin Côté, qui est à l’origine de l’émission La belle vie avec Go-Van, pense que «ce qui se passe en ce moment avec la crise nous donne raison : avoir un mode de vie alternatif, sans grosse maison, moins stressant, nous permet de nous adapter plus facilement [en temps de crise].»

Julien, ancien entrepreneur dans le domaine du marketing, s’est aperçu après l’achat de son condo qu’il n’était pas heureux entre quatre murs.

«Avec l’émission, je veux allumer les gens et les amener à se questionner. Je veux leur montrer différentes alternatives au fait d’être absolument propriétaire d’un condo ou d’un triplex, et à différentes étapes de la vie, qu’on soit étudiant, en couple, avec une famille ou retraité.»