Jean-François Dupuis dit avoir passé trois ou quatre heures dans l'ancien Relais Saint-François, la dernière fois où il y est allé.

La beauté dans l'abandon

Certains trouvent que les édifices abandonnés nuisent au décor. Pas le photographe Jean-François Dupuis, qui voit en ces lieux une occasion d'y capter toute la beauté qui peut s'en dégager.
<p>Jean-François Dupuis a été photographe de plateau lors d'un tournage l'automne dernier dans la prison Winter.</p>
Dans la liste d'édifices qu'il visite à l'occasion, il y a la prison Winter, fermée depuis 25 ans environ et dont le sort demeure incertain. Il y est notamment allé l'automne dernier, comme photographe de plateau, lors d'un tournage de vidéoclip.
« Ce sont des lieux où il s'est passé des tonnes de choses. Tu te sens comme dans un film, tu te transportes, tu t'imagines plein de choses », lance-t-il en citant les textures qu'il peut y dénicher pour ses clichés.
D'où vient cet intérêt pour ces édifices dont plus personne - ou bien peu - ne se soucie? Jean-François Dupuis répond que ce déclic, il l'a eu en se rendant sur un site minier de Murdochville, dans le cadre d'un cours alors qu'il était étudiant au Cégep de Matane.
Son lieu préféré abandonné, dit-il, est l'ancien hôpital de Saint-Ferdinand d'Halifax, tombé sous le pic des démolisseurs, où il est déjà entré.
Ceux qui le suivent sur Facebook ont aussi pu découvrir l'intérieur de l'ancien Relais Saint-François, avant qu'il ne soit démoli. Il s'agit d'un ancien centre d'hébergement pour délinquants qui était situé en bordure de l'autoroute 410 à Sherbrooke.
« J'étais allé là la première fois avec un élève. On est rentré là-dedans, on a perdu la notion du temps. On est peut-être resté là trois ou quatre heures », lance-t-il. « Quand tu fais ce genre de trip, t'es toujours mieux d'être deux », conseille-t-il toutefois. « Au Relais St-François, il y avait des trous dans l'édifice, des pics de ciment », lance celui qui rêve même de visiter certains lieux fermés à l'étranger, comme à Detroit.
À la blague, il raconte que s'il gagnait à la loterie, il aimerait bien croquer les paysages de Tchernobyl avec la photographe Annick Sauvé, qui a suivi des cours avec lui et qui aime aussi ce type d'ambiance. « J'ai eu une fixation sur Tchernobyl », raconte-t-il.
Jean-François Dupuis en est conscient : tous ne posent pas le même regard sur les édifices sans vie, certains trouvant même ces lieux déprimants. « Il y a des affaires laides qu'on peut trouver belles [...] Il y a tellement de possibilités, c'est comme une boîte aux trésors, ça ne finit plus et je perds la notion du temps. »