Boogat lors de l’édition 2017 du Festival des traditions du monde de Sherbrooke. Le chanteur aux origines mexicaines sera de retour de l’édition virtuelle 2020, du 12 au 16 août.  
Boogat lors de l’édition 2017 du Festival des traditions du monde de Sherbrooke. Le chanteur aux origines mexicaines sera de retour de l’édition virtuelle 2020, du 12 au 16 août.  

La 23e édition du Festival des traditions du monde sera virtuelle

À défaut de pouvoir tenir ses festivités au parc Quintal, le Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS) invitera la population à entrer dans son village du monde avec une édition spéciale numérique, offerte du 12 au 16 août, et qui comportera une trentaine de vidéos de prestations musicales, d’ateliers de musique et de danse, de démonstrations culinaires, ainsi que plusieurs autres surprises.

« La programmation, qui réunira musique, danse, arts de la parole et septième art, proposera aux visiteurs un voyage à travers tous les continents, et ce, en restant dans le confort de leur foyer », mentionne-t-on par voie de communiqué.

Au programme, un tour du monde en musique et en danse sera offert par des artistes de partout dans le monde, notamment le musicien ghanéen Rocky Dawuni, Boogát et ses rythmes latins, le groupe estonien Trad.Attack!, le groupe allemand Äl Jawala et le groupe italien Kalàscima avec sa « tarantelle transe psychédélique ». 

Les célèbres pavillons thématiques du FTMS seront représentés sur la plateforme web et proposeront à la population de se plonger dans leur ambiance typique. En collaboration avec le Festival Cinéma du monde de Sherbrooke, le FTMS présentera également le long métrage documentaire Zagros, de Shahab Mihandoust et Ariane Lorrain.

Les arts de la parole seront également de la fête avec notamment une performance du slameur, poète et auteur David Goudreault et une animation théâtrale de Louis Lavoie interprétant le frère Marie-Victorin.

Une variété d’ateliers sera offerte aux amateurs de musique et de danse. Ceux-ci pourront notamment s’initier au didgeridoo avec Pierre-Olivier Bolduc (Cigale Instruments), à la derbouka avec Luc Harbour et au ukulélé avec Jeunes Musiciens du monde — Sherbrooke. Il sera également possible de perfectionner ses pas de danse avec entre autres Swing Sherbrooke, Studio Danse Anka et avec la Sherbrookoise Ariane DesLions qui animera un atelier de danse gumboot.

De la déprime à l’innovation

« La crise de la COVID-19 était très déprimante pour nous au début, mais c’est rapidement devenu un facteur d’innovation très stimulant, explique la directrice de l’événement Malika Bajajje. Nous avons également demandé l’aide du gouvernement en vue d’un virage numérique important, car pandémie ou pas, l’an prochain, il faudra être plus présent sur le web. »

Malika Bajjaje se dit d’ailleurs très encouragée par le bilan positif de l’édition virtuelle du Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS) qu’elle a dirigée. Celle-ci a cumulé près de 7000 visionnements en juin dernier.

Pour cette 23e édition spéciale virtuelle du FTMS, l’organisation souhaite offrir du contenu qui met en avant-plan les artistes et leurs cultures. « Nous avons sélectionné des artistes “coup de cœur” qui ont marqué les éditions précédentes. Ils connaissent déjà notre public et tous ensemble, ils reflètent vraiment la mission du festival », révèle Mme Bajjaje. 

Malgré la perte de profits en lien avec la billetterie et la location d’espaces pour la restauration et l’artisanat, le comité organisateur peut compter sur l’aide financière de la Ville de Sherbrooke ainsi que des deux ordres gouvernementaux.

« Les artistes sont notre priorité, assure Mme Bajjaje. Nous souhaitons les payer à leur juste valeur puisqu’ils ont travaillé très fort. Nous sommes sensibles à leur situation et leur réponse est positive jusqu’à maintenant. Ils sont heureux qu’on ne les ait pas oubliés », mentionne-t-elle. 

Effectivement, la Sherbrookoise Ariane DesLions, qui s’engage notamment pour la cause des artistes en Estrie, est heureuse de faire partie de la programmation à nouveau cette année. Elle souligne l’effort de l’organisation pour tenter d’aider les artistes dans ce contexte de pandémie particulièrement difficile. 

Toutefois, celle que l’on connaît pour sa fabricolerie a tenu à préserver son nouveau spectacle afin de le présenter devant public au moment opportun. Elle offrira cependant un atelier de danse corporelle de type gumboot avec l’école de Jeunes Musiciens du monde qui mettra en valeur les influences musicales de l’Afrique du Sud.

« Compte tenu des circonstances et défis techniques imposés par le numérique, mon équipe et moi avons choisi de ne pas offrir notre nouveau spectacle en version virtuelle auprès d’aucun festival cet été. Tout le monde travaille fort et on comprend que ce n’est pas facile. On n’a pas encore mesuré l’impact de tout ça en tant qu’artistes. C’est assez coûteux de se tourner vers le numérique. Ça nous ouvre des frontières, mais on doit quand même faire des choix », résume-t-elle.

La programmation complète est en ligne dès maintenant au ftms.ca/programmation.