Les anciens employés du Eaton de Sherbrooke Daniel Gagnon, Marcelle Fortier et Patricia McCauley ont retrouvé leurs semblables après 20 ans.

La « famille » du Eaton de Sherbrooke se retrouve 20 ans plus tard

Il y a 20 ans fermait définitivement le magasin Eaton de Sherbrooke, laissant sans travail près de 150 employés. Plusieurs des Estriens qui ont été aux premières loges tant du succès que de la vertigineuse chute de la chaîne ont vécu une soirée remplie de nostalgie vendredi, alors qu’ils se retrouvaient pour la première fois en deux décennies.

Le matin du 20 août 1999, les portes de chez Eaton, à l’époque situé en plein centre du Carrefour de l’Estrie, ne s’étaient pas ouvertes comme à l’habitude. Cette fermeture temporaire, qui est survenue deux ans après la faillite de la chaîne, a sonné l’alarme en ville pour ce qui restait à venir. 

Durant les semaines qui ont suivi, c’était l’incertitude qui régnait chez les employés, alors qu’ils liquidaient l’inventaire à rabais sans savoir où ils termineraient l’année. 

Marcelle Fortier était directrice commerciale au magasin Eaton de Sherbrooke. Elle y travaillait depuis 12 ans lorsque le magasin a officiellement mis la clé sous la porte, le 3 octobre 1999. « Mais le 4 octobre, on était là et on finissait de vider les locaux. On vendait tout : les tables, les chaises... La dernière journée a été la pire. C’était vraiment spécial », confie Mme Fortier à La Tribune.

« C’était comme un deuil. On perdait tous notre emploi, oui, mais on était une grosse gang qui était toujours ensemble. C’était une grosse famille. Même M. Eaton descendait de Toronto chaque année pour nous servir à manger au souper de Noël. Ça m’a pris des années à retrouver un emploi où j’étais aussi bien », partage celle qui s’est déniché un emploi de représentante sur la route par la suite. 

« J’avais pris trois mois pour moi avant ça, parce que la fermeture avait vraiment été intense », raconte-t-elle. 

Plusieurs de ses camarades s’étaient tournées vers d’autres chaînes comme Sears ou La Baie, qui avait peu après intégré le Carrefour de l’Estrie.

La une de l’édition du 21 août 1999 de La Tribune montrait les portes closes du Eaton de Sherbrooke, alors qu’une fermeture temporaire amorçait la vertigineuse descente de la chaîne. Celui-ci a officiellement mis la clé sous la porte un mois et demi plus tard.

« Je croise encore d’anciens clients qui me parlent du magasin. Ils se souviennent de notre fameux restaurant la Cabane à sucre et me partagent leurs souvenirs. » 

C’est Mme Fortier qui a pris l’initiative d’organiser le souper de retrouvailles qui s’est tenu vendredi soir à la Brasserie la Seigneurie. « Ça me trottait dans la tête depuis un moment. C’est moi qui avais organisé le dernier souper à la fermeture, et j’avais envie de revoir tout le monde. J’en vois certains régulièrement, mais il y en a beaucoup que je n’ai jamais revus. J’ai créé un groupe Facebook et, en cherchait bien, on a réussi à en rassembler 55 », confiait-elle avec enthousiasme juste avant l’événement.