Le propriétaire de Kruger, Joseph Kruger II, et le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, célèbrent la première pelletée de terre du chantier, un investissement de 575 millions de dollars.

Kruger : une pelletée de 575 M$

SHERBROOKE — Kruger a officiellement lancé lundi le « plus gros chantier de l’histoire de Sherbrooke », selon le maire Steve Lussier. La nouvelle usine, qui utilisera la technologie de séchage à air traversant — la technologie la plus avancée du domaine du papier tissu – requiert un investissement de 575 millions de dollars. Cela créera 180 nouveaux emplois.

Le directeur général de l’usine qui démarrera sa production en 2021, Patrice Bégin, analyse qu’il s’agira d’un beau défi de trouver 180 nouveaux travailleurs. « On ne se le cache pas! On sait que la région est génératrice de bonne main-d’œuvre. Ça fait 27 ans que je travaille ici et j’ai toujours été épanoui », assure-t-il.

« C’est le plus gros investissement de Kruger, poursuit-il. On est extrêmement fiers. On génère des retombées importantes pour la région. On parle de 1000 heures dans le chantier, de 1700 emplois directs et indirects pendant celui-ci. Les commerçants aussi pourront bénéficier des retombées. Ça fait partie de notre plan de croissance. Cette usine va rayonner au Québec et partout en Amérique du Nord », dit M. Bégin, ajoutant que 70 000 tonnes de papier seront transformées à cette usine.

Cette technologie servira au volet papier de toilette et essuie-tout de l’entreprise. « Les consommateurs auront des produits de meilleure qualité, explique le vice-président national des ventes, Steve Lamontagne. On a le SpongeTowels Ultra fort et notre Cashmere Ultra Luxe qui sont déjà présents sur les tablettes. Avec cette nouvelle usine, on va être capable d’accroître notre capacité et de répondre aux besoins des consommateurs qui nous poussent à aller vers des produits encore plus haut de gamme. »

« Nos usines sont présentement en pleine opération. C’est un ajout de capacité de production pour répondre à nos demandes futures et à notre plan d’affaires », continue M. Lamontagne.

Le propriétaire de l’entreprise, Joseph Kruger II, vise loin. « J’investis dans cette machine parce que je veux m’assurer que Brompton produira du papier pour les 100 prochaines années », a-t-il commenté à La Tribune.

De plus, le soutien du gouvernement provincial, qui a contribué à l’aide d’un prêt convertible de 105 millions de dollars, était essentiel, selon M. Kruger. « Sans la contribution de Québec, on n’aurait jamais eu cette machine. »

De son côté, le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, assure que la mission de Kruger est en harmonie avec la mentalité du gouvernement. « La caractéristique de l’usine de Brompton sera la nouvelle technologie de séchage, qui fait en sorte qu’on va réduire les coûts de production. Encore plus important, on va sauver de l’importation de tissus. 30 % vont rester ici, au Québec, et on va exporter en plus. Au gouvernement, notre objectif est de gagner sur la productivité, ce qu’on a perdu d’ici 10 ou 15 ans. D’autre part, on veut augmenter les exportations. C’est un projet très enrichissant pour le Québec », analyse-t-il.

Le maire Steve Lussier n’a pas caché son optimisme face à cette pelletée de terre. « M. Kruger aurait pu décider d’aller n’importe où, mais a choisi Sherbrooke pour venir implanter sa nouvelle usine. On doit être très fiers. Je pense que la communauté doit être fière », résume-t-il.