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Le projet concerné pourrait voir le jour sur la rue Belvédère, près de l’intersection de la rue Thibault.
Le projet concerné pourrait voir le jour sur la rue Belvédère, près de l’intersection de la rue Thibault.

Karine Godbout tente en vain de freiner un projet dans Ascot

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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SHERBROOKE — La construction de deux immeubles de 24 logements derrière des commerces envisagés sur la rue Belvédère, près de l’intersection de la rue Thibault, ne fait pas l’unanimité dans le district d’Ascot. La conseillère du secteur, Karine Godbout, a essuyé un revers, lundi soir au conseil municipal, en tentant de forcer une reconfiguration du projet piloté par Immostar. 

Le projet, imaginé en trois phases, pourrait comprendre une épicerie, 2300 mètres d’espaces commerciaux, des bureaux, un restaurant et deux immeubles à logements. En novembre 2019, le promoteur espérait le début de la construction de son projet de 17,5 M$ pour l’été 2020. Lundi soir, les élus devaient adopter un règlement qui permettra la tenue d’un registre dans le dossier. 

La greffière a effectivement reçu des demandes valides de tenue de registre dans au moins une zone concernée par le projet. 

Karine Godbout aurait souhaité que le promoteur retourne à la planche à dessin pour retirer l’aspect résidentiel. « C’est un dossier sensible de mon secteur sur lequel je demanderai le vote. S’il y a une chose qui est claire, c’est que les citoyens d’Ascot et l’élue du secteur attendent avec impatience des commerces à cet endroit. Ce qui ne fait pas consensus, ce sont les logements. »

Mme Godbout rappelle que les citoyens adossés au projet s’attendaient à voir des commerces construits derrière chez eux. « Mais ils ne s’attendaient pas à des appartements sur quatre étages. Il est légitime qu’ils rejettent des logements de quatre étages dans leur cour arrière. Ascot est un quartier essentiellement résidentiel. Plus de 2000 portes seront ajoutées dans le Carré Belvédère, sans compter celles à construire derrière l’école du Phare. Ce dont on a besoin, c’est de plus de commerces. Ça m’a tout l’air qu’on marche vers notre premier référendum. J’ai l’impression qu’on perd du temps, qu’on va mobiliser des ressources, dépenser de l’argent. » 

Karine Godbout

Karine Godbout ajoute avoir l’impression que les élus s’acharnent parfois à faire avancer des projets malgré les citoyens. « Mon rôle d’élue n’est pas d’idéaliser un projet de développement qui a l’air bien beau sur papier. Les citoyens ont exprimé clairement leur opposition au projet résidentiel. Je propose qu’on retravaille immédiatement le projet plutôt que d’engager les services dans un processus de référendum. Je pense qu’on ne devrait pas poursuivre la démarche et j’invite mes collègues à voter contre cette proposition. »

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, rapporte qu’il est normal à ce stade-ci de poursuivre les démarches pour donner la chance aux citoyens de s’exprimer. « Par le passé, on avait l’habitude de se gouverner en attendant les résultats de ce processus. » 


« Ce n’est pas une défaite pour vous Mme Godbout. »
Marc Denault

Karine Godbout rapporte avoir reçu 31 courriels d’opposition au projet. « Je sens le milieu très mobilisé. »

Après le vote, tous les élus, sauf Mme Godbout et Claude Charron, ont choisi de poursuivre le processus.

« Ce n’est pas une défaite pour vous Mme Godbout. Si les opposants réussissent à convaincre une demi-personne chacune, la chance que le projet passe est minime », a réagi le conseiller Marc Denault.

Le maire Steve Lussier s’est dit sensible aux arguments de sa collègue, qui semblait contenir ses émotions après le vote. « J’ai voté pour à cause du manque de logements à Sherbrooke. J’ai hâte de voir les arguments. »

Le promoteur peut, d’ici le 2 février, recueillir les signatures des citoyens favorables au projet, dans ce qui constitue une renonciation à un référendum. S’il réussit à obtenir la signature de plus de la moitié des citoyens habiles à voter dans le dossier, le projet sera réputé approuvé par la population. 

Dans le cas contraire, les citoyens pourront signer le registre du 3 au 18 février, en envoyant un courriel au greffe de la Ville avec une pièce d’identité. Un avis public serait alors publié pour détailler les modalités du processus.