Le duo K-Iri sur la scène Bistro a occasionné de vives réactions de la part du public. Sur la photo, on peut y voir Iri Dimako Chardi et Sarah-Judith Kayiri Hinse-Paré.

K-Iri au FTMS : de la musique tout simplement

Le duo de Montréalaises K-Iri fait de la musique, et c’est tout. Nul besoin de les rattacher à une culture ou à un style, elles-mêmes ne veulent pas d’étiquette. Chose certaine, le groupe encore trop méconnu aura été le coup de cœur des Sherbrookois jeudi au Festival des traditions du monde (FTMS).

Iri Dimako Chardi et Sarah-Judith Kayiri Hinse-Paré se sont rencontrés spontanément en 2015 alors qu’Iri était seule sur scène. La première a vécu en France et en Éthiopie et la deuxième est Québécoise avec des origines du Burkina Faso.

« Il y a plusieurs influences dans notre musique, on dit afrosoul, mais il y a une influence de l’Afrique de l’Ouest et le rythme de l’Afrique de l’Est. Il y aussi du hip-hop, du soul, mais à vous de le découvrir! » avoue Sarah-Judith.

Pour les deux artistes, mélanger les genres se fait tout naturellement.

« C’est très naturel. Ce n’est pas un choix. On y va avec le feeling. On n’a rien forcé. Je crois que les gens s’inspirent de ce qu’ils connaissent et nous, c’est ce qu’on connait! Nous n’avons aucune limite », affirment-elles.

Avec un album à son actif, Out of Odd Waters, le duo parcourt les théâtres, les festivals et les bars, en plus d’avoir participer au festival sénégalais Afropolitain Nomade.

« Les gens reçoivent bien ce que l’on fait, ils sont très touchés par notre musique. Nous avons eu plusieurs beaux témoignages. C’est comme si notre musique, en raison de notre spontanéité, permet de guérir », souligne Iri.

Sur la scène Bistro, le public accueille le duo avec plusieurs sifflements et applaudissements.

Alors que les deux femmes entament Mama Yere, une chanson sur la liberté d’expression, simultanément, de nombreuses personnes qui sont réunies devant la scène fredonnent les paroles. Aux dernières notes de la chanson, le duo n’a plus besoin de chanter, le public le fait à sa place.

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Des traditions et de la fierté

Lorsque l’on questionne la Sénégalaise Aminata Diagme, une commerçante invitée au FTMS, sur les traditions de sa terre natale, elle répond avec conviction et fierté : « Teranga! ». 

«  Au Sénégal, tout le monde parle de la Teranga. Ce mot signifie le partage, la solidarité, la chaleur, l’entraide et autres. Ce sont les gens qui nous qualifient ainsi. C’est notre façon de vivre. Nous sommes accueillants et chaleureux. Vous pouvez même aller voir sur Internet, le Sénégal, c’est le pays de la Teranga! » affirme Aminata Diagme, visiblement fière de son pays d’origine. 

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Veena Gokhale lors de son atelier Épices et contes épiques indiens aux Festival des traditions du monde.

Découvrir l’histoire derrière les mets indiens

Le Festival des traditions du monde (FTMS) permet aux participants de goûter aux plats traditionnels de divers pays, mais aussi de connaître l’histoire derrière ces mets. Jeudi, l’atelier Épices et contes épiques indiens a transporté les Sherbrookois dans les coulisses de la cuisine indienne. 

« Il est important de se poser des questions sur les origines de nos mets. Pour quelles raisons une cuisine est comme elle est? Comment a-t-elle été développée? Le contexte culturel derrière une cuisine est très important », affirme Veena Gokhale, conférencière au FTMS, écrivaine et journaliste.  

Celle qui a fait la route de Montréal jusqu’à Sherbrooke s’est intéressée aux liens entre la culture et les plats typiques de l’Inde. 

« La cuisine indienne est très variée, car c’est un pays divers en matière de géographie, de langue et de culture. Ici, au Québec, nous mangeons seulement une petite partie de la cuisine indienne, mais il y a tellement de plats régionaux », informe la conférencière. 

À cela, elle ajoute qu’au Québec, les plats favorisés par les restaurateurs tels que le poulet au beurre, le aloo gobi (chou-fleur et pomme de terre indienne), le samosa (beignet) et le naan sont de nature punjabi et moghlaï, ce qui signifie que ce sont des plats inspirés de la cuisine du nord de l’Inde. 

Mme Gokhale abandonne le nord de l’Inde pour se diriger vers les régions plus exotiques. Le dosa, par exemple, un plat régional de Goa, une province de l’Inde près des plages. Difficile de ne pas saliver devant la description de ce mets qui est en fait une crêpe aux lentilles et de riz avec différentes farces, servie avec un plat de lentilles épicées et chutney. 

Et les épices?

« La cuisine indienne est unique en raison du grand nombre d’épices utilisées et du fait que certaines épices sont frites. Ces facteurs donnent un goût distinct et inoubliable. »

De l’anis jusqu’au tamarin, Mme Gokhale n’épargne aucune épice allant même jusqu’aux mélanges d’assaisonnements indiens tels que le garam masala ou encore le panch phoran. 

« J’aborde les genres et les mythes liés à la nourriture, c’est mon intérêt. Par exemple, il y a la déesse de la nourriture en Inde : Annapurna. Une déesse très importante et très intéressante. »

Mme Gokhale qualifie l’histoire de cette déesse de la nourriture comme féministe. Selon elle, cette légende démontre bien le rôle de la femme comme la cheffe de table. 

« À mon avis, c’est un rôle qui n’est pas toujours valorisé », souligne Veena Gokhale.