Justin Trudeau
Justin Trudeau

Justin Trudeau à Drummondville

Jean-Pierre Boisvert
La Tribune
Même s'il a parlé devant un public conquis d'avance, même s'il est le fils de son père, même si le leadership de son chef semble claudicant, Justin Trudeau a su faire oublier tous ces détails accessoires vendredi soir pour aller droit au but: le choix est clair, comme premier ministre, le 2 mai au soir, ce sera Stephen Harper ou Michael Ignatieff.
Dans un discours d'une trentaine de minutes, le député de la circonscription de Papineau s'est révélé un véritable ambassadeur des valeurs du Parti libéral du Canada. «Avec Harper, on se reconnaît de moins en moins dans ce pays. On a perdu un siège à l'ONU, on se fait dire de quitter la salle pour ne pas obstruer le fonctionnement des organisations internationales et le gouvernement Harper, pour la première fois en 800 ans d'histoire du parlementarisme britannique, vient de se faire prendre pour outrage au parlement.
«Bien sûr que l'économie est un enjeu dans les présentes élections, mais il y a un autre enjeu et c'est celui de l'état de notre démocratie. Le gouvernement Harper entretient bien ce cynisme des gens pour la politique. Aucune transparence. Il cache les coûts réels de l'augmentation des prisons et ceux des avions de chasse. C'est du pur mépris», a-t-il lancé devant 125 convives réunis à l'Hôtel Le Dauphin, à 400 $ le couvert.
M. Trudeau s'est attaqué à plusieurs politiques des conservateurs, notamment celle qui prévoit une baisse d'impôts pour les grandes corporations «en période de difficulté économique».
Il a réglé en quelques secondes le cas du Bloc québécois. «Aux dernières élections, le Bloc a demandé de voter pour lui pour éviter un gouvernement majoritaire de Stephen Harper. Il a réussi. Mais maintenant, on voit bien que Harper minoritaire ou Harper majoritaire, c'est la même maudite affaire. Quelle est la pertinence du Bloc en 2011 ? Ce qu'il nous faut, c'est un gouvernement qui investit dans les familles, dans les jeunes, qui sait reconnaître la valeur des individus, nos ressources humaines».