Le Service de police de Sherbrooke prend ses distances par rapport à la façon de faire pour dénoncer la vitesse aux abords de l’école du Boisjoli.

Vitesse près de l'école Boisjoli calculée par des élèves : «Il y a un danger à faire cela»

SHERBROOKE — Le Service de police de Sherbrooke (SPS) prend ses distances par rapport à la façon de faire pour dénoncer la vitesse aux abords de l’école du Boisjoli.

On a même demandé à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) de faire cesser les interventions des jeunes pour faire ralentir les conducteurs, car il y a une part de risque dans la méthode utilisée.

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Rappelons que les enfants d’une classe de cinquième année ont entrepris de faire ralentir les automobilistes. Les écoliers se sont présentés au conseil municipal, lundi soir, pour réclamer un dos d’âne sur la rue du Président-Kennedy, dans le secteur de Rock Forest.

Pendant deux mois, ils ont mesuré la vitesse des automobilistes devant leur école en se cachant dans des buissons ou derrière des poubelles. Ils ont constaté que 65 % des conducteurs ne respectaient pas la zone scolaire, où la vitesse est réduite à 30 km/h, selon ce qu’ils ont rapporté lundi soir devant les élus du conseil municipal.

Le problème c’est qu’ils surgissent d’un coup en se précipitant sur le trottoir quand une voiture circule trop vite, affirme Martin Carrier, porte-parole du SPS.

« Nous avons sensibilisé notre partenaire pour éviter cette manière de faire. Il y a un danger à faire cela, dit-il à La Tribune. Quand il y a de la neige, un enfant peut glisser. »

« Aussi, un conducteur peut être surpris en voyant surgir à sa droite des enfants qui étaient cachés. La personne peut réagir en donnant un coup de volant vers la gauche. S’il y a une voiture venant en sens inverse, il peut y avoir collision. »

Pas pire qu’ailleurs

M. Carrier précise qu’il est louable de vouloir faire diminuer la vitesse dans les rues de la ville, particulièrement dans les zones scolaires. Le SPS n’est pas contre le fait que des citoyens se présentent au conseil municipal pour faire des demandes.

« La meilleure manière de faire est de nous contacter. Nous avons prouvé dans les dernières années que nous ne faisons pas de demi-mesure en ce qui concerne la vitesse dans les zones scolaires et la sécurité des enfants », dit-il.

« Quand on nous demande d’intervenir, nous nous y rendons. »


« Quand on dit que 65 % des gens roulent trop vite, il faut prendre en compte que le radar est utilisé par des enfants.  »
Martin Carrier

Concernant les statistiques recueillies par les jeunes lors des opérations radars, M. Carrier veut nuancer les chiffres avancés. La vitesse près de Boisjoli n’est pas plus problématique que celles constatées aux abords des autres écoles du territoire.

« Nous avons tenu 20 opérations dans ce secteur et nous avons distribué 36 constats d’infraction. Ce n’est pas un secteur plus problématique qu’ailleurs », analyse-t-il.

« Quand on dit que 65 % des gens roulent trop vite, il faut prendre en compte que le radar est utilisé par des enfants. Pour pouvoir l’utiliser les policiers doivent recevoir une formation de plusieurs jours. L’appareil doit être calibré pour donner une bonne lecture de la vitesse des véhicules. »

Dans l’œil du radar  

Mis au fait des réticences du SPS, l’enseignant Danick Lessard-Dion, de l’école du Boisjoli, a décidé de ne pas répéter l’expérience dans les prochaines années. Il avait inscrit sa classe à un programme de Vélo Québec qui s’intitule Dans l’œil du radar. L’appareil servant à capter la vitesse des véhicules était prêté gratuitement par l’organisme, souligne-t-il.

« Il était strictement interdit aux élèves de se rendre dans la rue. Il n’y avait pas de neige le long de la rue quand nous avons fait l’expérience, jure-t-il. Le but était aussi de féliciter les conducteurs qui respectaient les limites de vitesse. »

« Il n’était pas question de montrer du doigt les policiers. Nous les invitons à venir faire du radar dans le secteur. »