Plusieurs boîtes aux lettres d’un immeuble à logements de la rue des Blés ont été saccagées par des voleurs à la recherche de cartes d’essences prépayées envoyées par la poste par Couche-Tard.

Vague de casiers postaux éventrés

La nouvelle vague de distribution de cartes d’essence prépayées envoyées par la poste aux consommateurs sherbrookois floués lors du cartel de l’essence cause des maux de tête à une entreprise de gestion d’immeubles à logements de la région.

Depuis une semaine, des centaines de boîtes aux lettres ont été endommagées par des voleurs voulant mettre la main sur des cartes bonnes pour 10 $ d’essence chez Couche-Tard, déplore Stéphanie Bilodeau, présidente de la firme Gestion immobilière Dynamic.

« C’est un véritable fléau! », lance la gestionnaire lors d’un entretien accordé à La Tribune.

« Nous nous faisons ouvrir des boîtes aux lettres. Nous en avons eu 250 d’endommagées depuis la semaine dernière dans des immeubles. Les voleurs se présentent dans des immeubles de 30 logements et ouvrent des cases du courrier. »

Il s’agit d’importants coûts en réparation pour l’entreprise, ajoute Mme Bilodeau. Dans un immeuble de la rue des Blés, le ou les voleurs se sont même présentés à deux reprises. « La première fois, ils ont été comme dérangés, mais ils sont revenus plus tard le soir », relate-t-elle.

« Notre concierge craignait que ça se produise et c’est ça qui est arrivé. Ils sont revenus dans la nuit pour ouvrir d’autres boîtes aux lettres. »

Stéphanie Bilodeau souhaite que la formule de récompense soit modifiée.

Rappelons que dans le cadre du règlement à l’amiable du recours collectif du cartel de l’essence entre 2000 et 2006, Couche-Tard distribue des cartes compensatoires par la poste aux consommateurs. Plusieurs personnes de Sherbrooke et Magog ont reçu des bons de remboursements de 10 $ à propos du recours collectif autorisé en 2009 contre les pétrolières.

« Il faudrait que Couche-Tard trouve une autre manière de compenser les gens que d’envoyer des cartes par la poste », note-t-elle.

« Quelque chose avec un code qu’il faut donner lors de l’achat par exemple. Ces cartes-là, c’est comme de l’argent comptant. C’est tentant pour les voleurs. »

Contacté à ce sujet, Martin Carrier, porte-parole du Service de police de Sherbrooke, soutient que le corps policier n’a pas reçu de plainte reliée à ce type de vol dans les derniers jours. Il invite les victimes à le faire. « Les gens doivent nous contacter s’ils constatent avoir été victimes de vol et de méfait », explique-t-il.

« Nous pourrons ouvrir une enquête pour retrouver les auteurs des vols. »

M. Carrier fait remarquer que d’autres vagues de vols ont eu lieu antérieurement. On avait même procédé à des arrestations. En 2018, un homme de 49 ans et deux femmes de 31 ans et 28 ans avaient été accusés d’avoir fait la tournée des boîtes aux lettres d’immeubles à logements du secteur de la rue des Jardins-Fleuris en janvier à la recherche des cartes de compensation de 10 $ qui étaient acheminées par la poste. L’automne dernier, ils avaient plaidé coupables au vol de ces cartes-cadeaux.

Rappelons que dans le jugement rendu par la Cour supérieure, l’objectif était que « chaque adresse répertoriée par Postes Canada à Victoriaville, Thetford Mines, Sherbrooke et Magog reçoive dans la mesure du possible un nombre similaire de bons de remboursement pour chaque détaillant du participant, bien que des distributions partielles sont probables ».