Benoit Lapointe

Une travailleuse du sexe dénonce un acte de violence

« Pour moi, le processus judiciaire est difficile. Je ne me suis pas défendue. J’espère que ça va donner le courage aux autres de dénoncer. »

Une travailleuse du sexe de Sherbrooke vit encore les conséquences d’une agression gratuite qu’elle a subie d’un individu de 58 ans de Sherbrooke.

Benoit Lapointe subissait les observations sur la peine, vendredi au palais de justice de Sherbrooke, après avoir agressé une travailleuse du sexe à Sherbrooke au printemps dernier.

Lapointe, qui a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions et d’avoir obtenu des services sexuels contre rétribution, est en attente de sa peine.

Le 7 avril dernier, l’individu de 58 ans a sollicité des services sexuels d’une travailleuse du sexe à Sherbrooke.

Lapointe s’est rendu dans le stationnement d’un immeuble de la rue du Conseil avec la femme de 26 ans.

Une dispute entre les deux a commencé pour un différend de 15 $.

Lapointe a alors frappé à coups de poing et coups de pied la victime au visage avant de l’expulser de son véhicule en la tirant par les cheveux. La victime a subi d’importantes blessures qui l’ont défigurée.

Après une enquête de quelques jours, Benoit Lapointe a été arrêté à Thetford Mines.

La victime de 26 ans a témoigné des conséquences du crime devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec. Accompagnée du chien Kanak du Service de police de Sherbrooke, la victime a mentionné qu’elle faisait de la prostitution pour gagner sa vie.

« J’ai plus peur des hommes. Je me promène avec un couteau. Je ne vais plus dans les véhicules où je ne fais pas confiance au client. Je n’ai pas envie que ça se reproduise. Je ne me mets plus dans des situations à risque ce qui fait que je fais moins de clients », a expliqué la victime.

La victime vit encore avec des séquelles des coups au visage portés par Lapointe.

« J’ai des maux de tête lors des repas. Mes lunettes ont été brisées. Je n’ai pas les moyens de les faire mettre à ma vue. Je ne veux plus jamais le revoir ou avoir affaire à lui. J’espère qu’il va avoir les mêmes conséquences que j’aurais eues », a indiqué la juge.

La juge Desgens a remercié la victime de sa collaboration au processus judiciaire.

« Nous espérons que ce témoignage pourra inspirer d’autres femmes qui se trouvent dans cette situation. Elles n’ont pas à vivre ce type de crime. Elles peuvent parler aux policiers. Elles vont être prises au sérieux. Le processus judiciaire se passe dans le respect », signale la procureure aux poursuites criminelles, Me Isabelle Dorion.

Lapointe a subi une thérapie à la suite de son arrestation. Il ne peut plus se trouver sur les rues Bowen et Alexandre, deux rues de Sherbrooke réputées pour la prostitution de rue, ou du Conseil où est survenue l’altercation

La procureure aux poursuites criminelles et l’avocate de la défense Me Mélissa Gilbert ont reporté la suite des observations sur la peine au 4 octobre prochain.