Daniel LaBoissière
Daniel LaBoissière

Une scène de crime évidente pour un paramédic

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — « J’ai déterminé que c’était une scène de crime et que l’on ne touchait plus au patient. »

L’ambulancier paramédical Daniel Gendron a rapidement constaté qu’Héliodore Dulac était décédé à son arrivée sur le chemin de la Yard à Milan en juin 2018.

L’ambulancier paramédical a été appelé à la barre, lundi, au procès de Ian Bélanger qui est accusé du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac au palais de justice de Sherbrooke.

L’intervenant d’urgence mentionne avoir reçu un appel pour un patient en arrêt cardiaque vers 18 h 5 le 3 juin 2018.

Les ambulanciers paramédicaux et les policiers de la Sûreté du Québec sont arrivés sur les lieux à peu près au même moment.

Daniel Gendron a pris la décision de ne pas faire de manœuvres de réanimation.

« J’ai vu un homme étendu sur le côté gauche en position fœtale. Il était visiblement décédé depuis un certain temps. Le côté le plus bas était mauve. Le corps avait une couleur grise. En voyant la victime, c’était évident que ce n’était pas une mort naturelle. Il n’y avait pas vraiment de manœuvres à faire. Avec la couleur, les blessures; je n’ai pas jugé bon de faire de manœuvre. Ce n’était pas une scène de mort naturelle » a témoigné Daniel Gendron.

Il décrit qu’Héliodore Dulac avait des blessures au pied droit, aux bras, au dos et le visage tuméfié.

Daniel Gendron témoigne que les pantalons et la chemise de la victime étaient un peu plus loin du corps et qu’une bâche avec du sang s’y trouvait aussi.

« Il y avait beaucoup de mouches sur le patient. Il était gris-bleu (...) Il n’y avait pas de sang qui concordait avec les blessures qu’il avait », témoigne l’ambulancier paramédical Gendron.

Daniel Gendron

Découvert par hasard

C’est en faisant la tournée pour la contribution volontaire annuelle (CVA) pour l’église sur le chemin de la Yard qu’un citoyen de Milan a découvert Héliodore Dulac.

« J’ai senti l’air lourd. J’ai senti qu’il y avait quelque chose de pas normal comme je n’avais pas senti avant. C’était une sensation. Je me suis avancé et il était étendu à terre. Son pied était coupé d’un bord à l’autre. Il était couché sur le côté gauche et je ne pouvais voir son visage », explique le témoin Daniel LaBoissière.

Il se souvient que la victime était étendue devant son véhicule en sous-vêtements et qu’il n’avait pas sa canne.

« J’ai vu des mouches à chevreuil qui se posaient sur lui et il ne réagissait pas (...) J’ai eu la chienne. J’étais mal à l’aise d’aller le voir, d’aller voir un mort. J’avais une sensation qu’il était mort », témoigne M. LaBoissière.

Le témoin n’est pas débarqué de son véhicule et s’est rendu contacter les autorités chez la voisine.

« J’ai dit à une voisine d’appeler le 9-1-1. Je pense qu’Héli est mort » indique le témoin.

Ce dernier est retourné attendre les policiers et faire sa déclaration.

Le témoin affirme qu’il ne connaissait pas Ian Bélanger. 

Daniel LaBoissière mentionne qu’il avait déjà aperçu Kassandra Harpin chez Héliodore Dulac.

« Héli m’avait dit que c’était sa femme de ménage. Je n’avais jamais parlé à cette personne », mentionne M. LaBoissière.

Le témoin signale qu’Héliodore Dulac lui avait déjà signalé qu’il « avait eu de la misère avec elle. »

Selon lui, Héliodore Dulac n’avait pas la capacité physique de « faire la fête ».

Au début du procès, la poursuite a fait la lecture des admissions faites par Ian Bélanger.

L’identité de l’accusé Ian Bélanger, le décès de la victime Héliodore Dulac, le 3 juin 2018, la dystrophie musculaire d’Héliodore Dulac, que la scène de crime à Milan a été protégée et les qualités des experts qui seront appelés à la barre ont entre autres été déposés comme admissions au début du procès.

Me François Gauthier et Me David Petranic assurent la défense de Ian Bélanger, alors que la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau assiste Me Isabelle Dorion pour la poursuite.