L'accident mortel du camionneur Sylvain Ferguson est survenu à Magog en janvier 2019. 
L'accident mortel du camionneur Sylvain Ferguson est survenu à Magog en janvier 2019. 

Une panne de freins en cause dans la mort de Sylvain Ferguson

Une panne dans le système de freinage du tracteur du camion-remorque conduit par Sylvain Ferguson à Magog en janvier 2019 a entraîné la perte de contrôle du véhicule, son capotage puis le décès du camionneur.

La CNESST a rendu publiques, jeudi, les conclusions de l’enquête concernant cette embardée mortelle impliquant le conducteur de l’entreprise Les Sciures Jutras de Saint-Césaire, le 18 janvier 2019 à Magog.

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« Les manquements dans la gestion de l’entretien des véhicules ont entraîné une panne du système de freinage du camion tracteur et de sa semi-remorque » est identifiés comme cause de l’accident.

« Les défectuosités constatées au système de freinage du camion tracteur et de la semi-remorque étaient de nature à interdire leur circulation sur la route », indique le rapport de la CNESST.

L’événement tragique est survenu dans la bretelle de sortie 32 de l’autoroute 55.

Le camionneur a tenté de freiner dans la pente de la sortie d’autoroute, mais en vain. Arrivé à l’intersection du boulevard Poirier à Magog, le camionneur a tenté de tourner vers la gauche, mais la vitesse trop élevée a entraîné la perte de contrôle puis le capotage du mastodonte dans le fossé.

Le décès de Sylvain Ferguson a été constaté à son arrivée à l’hôpital.

L’inspecteur Robert Beaudette, qui a rédigé le rapport avec sa collègue Karine Dénommée, précise que des cinq des six essieux n’étaient pas ajustés convenablement.

« Ce camion n’aurait pas dû quitter le terrain de l’entreprise sans respecter les normes minimales. Une ronde de sécurité doit être effectuée dans les 24 heures qui précèdent chaque sortie et une inspection annuelle doit être faite chaque année par la SAAQ. Dans ce cas-ci, la dernière inspection avait été faite onze mois avant l’accident et nous n’avons pas réussi à retrouver de trace écrite de la ronde de sécurité quotidienne. Nous avons cependant une déclaration de l’employeur disant qu’un employé avait fait une inspection, mais nous n’avons pas réussi à lui parler », précise Robert Beaudette.

Des accusations de négligence criminelle causant la mort ont été portées devant le tribunal contre le propriétaire de l’entreprise Samuel Jutras. Procédures qui sont en cours au palais de justice de Sherbrooke.

« Ce sont des procédures faites en parallèle avec notre enquête. L’objectif n’est pas le même. Pour notre part, nous rendons publiques les conclusions afin que les autres employeurs puissent en prendre connaissance et éviter que de tels événements ne se reproduisent », indique Robert Beaudette de la CNESST.

La CNESST a aussi remis à l’entreprise Les Sciures Jutras inc., un constat d’infraction, dont le montant de l’amende varie de 17 179 $ à 68 721 $ pour une première offense.

La CNESST a exigé que l’entreprise Les sciures Jutras procède à une vérification mécanique de tous ses camions et remorques à la suite de cet événement. L’employeur s’est conformé à cette demande.

La CNESST souligne que cette enquête révèle certaines lacunes dans le contrôle de sécurité dans l’industrie du camionnage.

« Il n’y a aucune obligation quotidienne de contrôle de l’ajustement des freins au Québec, alors que c’est le cas ailleurs au Canada. La vérification se limite à avancer à basse vitesse dans le stationnement et de freiner. La vérification adéquate peut prendre une quinzaine de minutes avec une personne certifiée, mais peut faire toute une différence sur la sécurité. Il y a aussi cet aspect de la qualification des personnes chargées de l’entretien des véhicules où aucune attestation n’est demandée », explique l’inspecteur de la CNESST.

Ces préoccupations ont été soulevées à la SAAQ.

La CNESST note qu’entre 2015 et 2019, 54 camionneurs ont perdu la vie au Québec dans des circonstances tragiques.