15 mois pour la fille de la gardienne

Une jeune femme reconnaît des agressions sexuelles sur un enfant

Comme elle l’avait fait lors de son plaidoyer de culpabilité, c’est en pleurs qu’une jeune femme de 22 ans de Sherbrooke a pris le chemin de la prison après avoir reconnu des gestes à caractère sexuel à l’endroit d’un enfant de quatre ans dans le service de garde que sa mère tenait.

« Ce cauchemar à cause de toi s’achève. Pour toi, le cauchemar commence. Il ne commence pas à cause de ma plainte, mais à cause de tes actes », a souligné la mère de la victime à l’intention de l’accusée.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a condamné la femme de 22 ans, mercredi, à une peine de 15 mois de prison. L’accusée n’est pas identifiée pour ne pas identifier la victime.

L’accusée a reconnu en avril dernier les accusations d’incitation à des contacts sexuels et de contacts sexuels entre le 1er juillet et le 3 novembre 2016 sur un enfant de quatre ans.

« Tu as fait vivre à notre fils quelque chose que tu n’avais pas le droit. Tu as enlevé l’innocence à notre fils. Tu nous as enlevé notre vie, notre argent, notre confiance, notre tranquillité d’esprit. Oui, le procès est terminé, mais nous ne sommes pas davantage heureux. La porte que tu as ouverte ne se fermera jamais », indique la mère de la victime.

L’accusée a reconnu avoir fait des attouchements sur l’enfant à un maximum de cinq reprises. Elle était âgée de 19 ou 20 ans lors des faits, alors que l’enfant avait trois ou quatre ans.

Le jeune garçon a verbalisé à ses parents les gestes commis par l’accusée en prenant son bain.


« Ce cauchemar à cause de toi s’achève. Pour toi, le cauchemar commence. »
La mère de la jeune victime

Dans l’interrogatoire vidéo livré au Service de police de Sherbrooke, l’accusée avait mentionné qu’elle aimait beaucoup cet enfant que sa mère gardait et qu’elle avait eu envie de le toucher.

La victime a déposé un document où elle présente des remords et des regrets.

Elle s’est retournée vers les parents de la victime et s’est excusée en espagnol.

« Vous êtes consciente de la gravité des gestes que vous avez commis. Vous reconnaissez l’importance des gestes et qu’ils sont graves. Vous avez cherché à comprendre avec une soixantaine de rencontres avec un thérapeute, ce qui n’est pas rien. Vous prenez l’entière responsabilité des gestes. Vous devez continuer à chercher les causes », a invité la juge Desgens à l’endroit de l’accusée.

Les parents de la victime se sont aussi adressés à la mère de l’accusée qui gardait leurs enfants.

« Nous vous avions confié ce que nous avons de plus précieux. Vous étiez des personnes formidables. Vous aviez tout notre respect. Je connais l’amour que vous portiez à notre fils ce qui ajoute à notre douleur. Je ne peux passer par dessus la négligence dont vous avez fait preuve en laissant notre fils avec elle sans surveillance. Notre vie a été empoisonnée. Je ne ferai plus jamais confiance à ceux qui disent être mes amis proches pour garder mes enfants », a indiqué la mère de la victime.

Le service de garde en milieu familial a été fermé à la suite de la plainte criminelle dans cette affaire.

Une probation de trois ans, dont deux ans de suivi en délinquance sexuelle, a été imposée.

« Jamais une sentence n’effacera ce que votre famille a vécu. La trahison est encore plus grande pour vous étant donné le lien de confiance entre vous », a mentionné la juge à l’endroit des parents de la victime.

La sentence a été imposée à la suite d’une suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre et l’avocate de la défense Me Mélissa Gilbert.

Des interdits de contacts avec la victime, ses parents et des mineurs ont été imposés.

Le nom de l’accusée sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.