Une vidéo diffusée sur « Spotted : TiCoune » est vite devenue virale sur les réseaux sociaux (95 000 vues dimanche midi), mais a été retirée depuis.

Une bagarre entre joueurs et spectateurs

Directeur général de la Ligue de hockey senior du Lac au Fleuve, Mathieu Caron ne croit pas que l’avenir du nouveau circuit soit compromis par les événements disgracieux qui se sont produits vendredi soir, au centre sportif de Forestville.

En effet, le match opposant le MGR Express de Jonquière à Excavation A. Savard de la Haute-Côte-Nord a dégénéré lorsqu’un des spectateurs a lancé une canette sur le banc des Jonquiérois et qu’entre-temps, une bagarre éclatait entre des joueurs et des spectateurs près du vestiaire des visiteurs. Les versions des événements diffèrent, mais une vidéo diffusée sur « Spotted : TiCoune » est vite devenue virale sur les réseaux sociaux (95 000 vues dimanche midi), mais a été retirée depuis. On y voyait trois ou quatre joueurs de Jonquière s’en prendre violemment à un spectateur tandis que quelques spectateurs ont pris part à l’échauffourée. Le porte-parole de la Sûreté du Québec à Québec, Stéphane Tremblay, a confirmé qu’une demande d’intervention avait été logée au poste de Forestville à 23 h 30 vendredi, mais à l’arrivée des policiers, tout était redevenu calme et aucune plainte n’a été déposée.

Joint hier alors qu’il était de retour à Forestville pour un autre match entre Charlevoix et Forestville, Mathieu Caron a évidemment déploré la tournure de la rencontre qui s’est soldée par un gain de 7-0 des locaux sur Jonquière. « Il y a des événements qui se sont produits durant le match qui ont fait en sorte que ça a pu frustrer des partisans de la Haute-Côte-Nord. (...) Ç’a commencé à dégénérer un peu lorsqu’un spectateur a lancé une canette directement sur le banc de Jonquière. Les entraîneurs ont quand même réussi à contrôler les joueurs pour qu’il n’y ait pas trop de débordements, mais entre-temps, on a vu que ça brassait dans le coin des estrades et c’était des joueurs de Jonquière (déjà expulsés du match) qui s’en prenaient à des spectateurs de Forestville », a relaté le DG qui était sur place.

Ce dernier souligne qu’en raison de la tournure des événements, Jonquière avait décidé de quitter le banc et de ne pas terminer le match avec environ 13 minutes à faire dans la rencontre. Une décision qui, en plus de valoir des sanctions à l’équipe, a certainement attisé la frustration des partisans du club local.

Jonquière, mouton noir

Le DG ne croit pas que l’avenir de la ligue sera compromis. « Encore ce matin (dimanche), j’ai reçu une demande d’expansion pour l’an prochain », fait-il valoir. « Notre organisation est en santé. Les trois autres équipes veulent continuer à jouer du bon hockey organisé et ils ne veulent pas que la ligue tombe. Ce sont les DG des équipes qui doivent faire en sorte pour que ça ne soit pas tout croche », souligne Mathieu Caron.

« Les équipes de Dolbeau et Charlevoix sont crinquées, et la Haute-Côte-Nord commence à avoir une bonne équipe ; les spectateurs répondent bien, mais il semble qu’il y a toujours des histoires autour de Jonquière qui a de bons joueurs, mais je ne sais pas quel est le problème. C’est un peu le mouton noir de la ligue. On applique les règles que l’on peut appliquer, mais ce n’est pas évident. »

Cela dit, le DG croit que ces événements disgracieux seront utiles malgré tout. « On va s’en servir pour établir une jurisprudence et s’il survient d’autres situations du même genre, on va savoir quoi faire. Si les “toughs” continuent de s’en prendre aux autres “toughs” sans s’attaquer aux bons joueurs, ça va bien aller. Oui, la Haute-Côte-Nord est allée chercher des joueurs que Dolbeau ne voulait pas (quatre durs à cuire, dont deux de plus de 270 livres). Honnêtement, ces derniers n’ont rien fait de déplacé. Ce sont des hommes forts qui veulent se battre avec d’autres hommes forts. Jonquière a Yves Girard et Sam Gagnon. Le problème, c’est qu’en première, Jonquière n’a pas voulu se battre avec eux parce que la Haute-Côte-Nord n’amène pas ses gros joueurs pour donner le spectacle lorsqu’elle vient à Jonquière », avance Mathieu Caron. 

La formation de Jonquière sera bien sûr sanctionnée pour avoir refusé de terminer la rencontre. En plus des sanctions automatiques, le comité de discipline se réunira mercredi pour décider si d’autres sanctions s’ajoutent.

On aperçoit ici Gino Gagnon en des temps plus heureux, entouré d’Alexandre Gauthier, de Caroline Boivin et de Bob Desjardins.

Gino Gagnon démissionne

Gino Gagnon ne dirigera plus le MGR Express de Jonquière. L’entraîneur-chef de la formation jonquiéroise tient à préserver sa réputation et c’est pourquoi il a remis sa démission au gouverneur et propriétaire de l’équipe peu après son retour samedi matin, au lendemain de l’altercation survenue à l’aréna de Forestville. Son adjoint, Jean-Philippe Boivin, a fait de même.

«Je suis conseiller technique à Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean, je siège au conseil d’administration des Espoirs SagLac et je suis enseignant. (...) J’enseigne les bons comportements aux jeunes et je me voyais mal continuer à rester associé à l’équipe», a souligné l’homme de hockey qui n’aurait jamais pensé vivre une telle situation.

L’entraîneur-chef raconte qu’il s’est retrouvé coincé sur le banc face à des spectateurs qui voulaient s’en prendre à l’équipe pendant qu’une altercation entre des joueurs déjà expulsés et des spectateurs éclatait dans les estrades, près du vestiaire de la formation. «Il restait 13 minutes à faire dans la rencontre (contre Excavation A. Savard de la Haute-Côte-Nord) et il y a eu deux altercations en même temps. Pendant que des spectateurs nous agressaient, de l’autre côté, la blonde d’un joueur a été agressée et elle a même été blessée à une main. Les gars (qui étaient déjà sortis du match) sont montés (dans les estrades) pour aller la défendre. L’intention était bonne, car ils voulaient la sortir de là, mais peut-être pas le moyen, souligne Gino Gagnon en précisant qu’une autre spectatrice de Jonquière a été malmenée. Voyant cela, j’ai dit aux gars de quitter le banc. Je me foutais bien de me faire suspendre, car je voyais que nous n’étions pas en sécurité.»

De retour chez lui aux petites heures du matin samedi - l’autobus n’a pas démarré- , il a rapidement remis sa démission à Bob Desjardins «qui a été surpris et déçu». «Il m’a dit qu’on allait se rappeler, mais ma décision est prise. (...) Le problème, c’est l’escalade. Quand Forestville va venir chez nous, que pensez-vous qu’il va arriver?»

Pas les seuls fautifs

Gino Gagnon s’interroge sur les mesures de sécurité déficientes dans l’aréna. L’équipe de la Haute-Côte-Nord avait affiché ses couleurs avec la mise sous contrat de «cinq matamores». «Personnellement, quand ils ont fait l’annonce de ces signatures, j’ai ri en disant: ‘‘Ben voyons, on es-tu revenu à Slapshot?’’ Même mes collègues me taquinaient, mais je n’aurais jamais pensé que ça allait tourner comme ça. On aurait dit le match du Vendredi saint Canadien-Nordiques, mais avec les spectateurs!»

«Je trouve spécial que ce soit Jonquière qui mange ça chaud. Une chicane, ça ne se fait pas tout seul. Il faut regarder l’autre côté de la médaille, fait-il valoir. Ça passe sur notre dos, mais il va falloir que l’autre organisation fasse aussi son examen de conscience. Je me demande où était la police? Et il y a les vestiaires qui sont accessibles directement aux spectateurs.»

Gino Gagnon souhaite que la ligue soit maintenue et que ses dirigeants trouvent des solutions pour ne plus que ça se reproduise. Il a aussi confiance que la formation jonquiéroise retrouve son erre d’aller après les Fêtes.

Mentionnons enfin que nous n’avons pas été en mesure d’obtenir les commentaires du propriétaire Bob Desjardins, les appels logés tombant sur un répondeur.