André Bernard connaîtra sa peine jeudi.

Une arrestation salutaire pour le Magogois André Bernard

« Il était temps que quelqu’un vienne cogner à ma porte pour mettre fin à ça. J’étais rendu dans le fond du baril. »

André Bernard de Magog vendait environ 28 grammes de cocaïne par mois pour le compte de Daniel Roy lorsqu’il a « frappé un mur » en se faisant arrêter dans le cadre de l’opération « King » le 15 février 2017.


«  Ça me prenait ça pour me réveiller. Je ne voyais pas le dessus.  »
André Bernard

Bernard subissait les observations sur la peine dans son dossier où il a reconnu le trafic et la possession de cocaïne dans le but d’en faire le trafic, mardi, devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

« Je faisais environ 20 $ par gramme. J’avais sept à huit clients à qui je livrais la drogue. La pagette sonnait et j’allais livrer la drogue », a expliqué Bernard dans son témoignage lors des observations sur la peine.

Daniel Roy lui avait offert cette liste de clients et la drogue en échange de divers services de rénovation qu’il réalisait pour lui. L’individu de 60 ans a reconnu avoir fait le trafic de cocaïne durant une année soit entre le 1er février 2016 et 15 février 2017

« Je bizounais chez Daniel Roy sur ses bâtiments. Je travaillais pour lui afin d’obtenir la drogue. Je n’ai jamais manipulé la drogue. Je n’ai pas fait d’argent », souligne Bernard qui consommait ses profits en cocaïne.

Il affirme que cette arrestation par la Régie de police Memphrémagog lui a permis de le sortir du « fond du baril ».

« Ça me prenait ça pour me réveiller. Je ne voyais pas le dessus. Lorsque les policiers ont cogné chez moi, ç’a changé ma vie. J’ai arrêté l’alcool et la drogue depuis ce temps-là. J’ai de la volonté. Cette arrestation a changé ma vie. C’est le jour et la nuit. Je suis allé chercher de l’aide et j’ai trouvé deux emplois. Si je n’avais pas été arrêté, je ne serais plus là », affirme André Bernard.

Son avocat Me Guy Plourde a déposé les attestations des thérapies réalisées par Bernard au cours des 15 derniers mois. Il plaide pour une peine de prison individualisée de 90 jours à purger les fins de semaine en insistant sur la réhabilitation d’André Bernard.

« Mon client a repris sa vie en main dès le départ d’une façon que j’ai rarement vue. Ce serait une erreur monumentale d’en faire fi par rapport à ce que la société recherche. Il a fait une déclaration incriminante dès son arrestation. Ce ne sont pas les valeurs criminelles qui l’ont mené là, c’est sa consommation », plaide Me Plourde qui rappelle que son client n’a pas d’antécédent judiciaire.

La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté plaide pour une peine dissuasive de 20 mois de détention avec une probation de deux ans où l’accusé ne pourra communiquer avec les membres de cette organisation criminelle.

« Il n’a peut-être pas tiré de grands profits, mais il a été en mesure d’assumer sa consommation avec ce trafic de stupéfiants. Il en tirait un bénéfice », plaide Me Baril-Côté.

La juge Fabi a pris la cause en délibéré. Elle imposera la peine jeudi.

Opération King

La tête de ce réseau de trafiquants de cocaïne, Daniel Roy, a été condamnée à 33 mois de prison en septembre 2017.

L’opération « King » avait paralysé les activités criminelles en février 2017 à Magog.

Plus d’un kilo de cocaïne, un kilo de haschich, 121 245 $ canadiens et 8440 $ américains ont été saisis dans 12 lieux de perquisition.

Les perquisitions ont été faites à deux entrepôts de la rue Principale Ouest à Magog de même que sur les rues Rexford, Gingras, Bowen et Meloche. Un domicile de la rue Clark à Austin a aussi été visé.