Maxime Vanier lors de son arrestation en octobre dernier.

Une affaire «d’une infinie tristesse»: deux toxicomanes restent derrière les barreaux

Deux toxicomanes impliqués dans une affaire qualifiée de « révoltante et d’une infinie tristesse » par le tribunal à Sherbrooke en mai dernier devront rester derrière les barreaux.

La détention de Maxime Vanier et Benoit Desrosiers a été ordonnée, mardi, par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

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Une dette de drogue serait à l’origine du branle-bas au motel La Marquise

Aussi accusée dans cette affaire où un toxicomane aurait été séquestré, attaché, bâillonné puis battu, Roxanne Vanier a pu reprendre sa liberté. La femme de 25 ans sera cependant confinée à une maison de thérapie.

Les trois complices sont accusés de séquestration, voies de fait graves et voies de fait armées pour les événements de mai dernier.

Desrosiers est aussi accusé de vol qualifié sur la même victime en juin.

Des accusations relatives au vol qualifié commis au motel La Marquise à Sherbrooke à la mi-octobre ont été déposées la semaine dernière contre Maxime Vanier et Roxanne Lapointe. Ils font aussi face à des accusations en lien avec le trafic de stupéfiants.

Ils sont accusés de vol qualifié en utilisant une arme à feu, d’extorsion, d’avoir déchargé une arme à feu et de voies de fait contre une femme qui était présente dans une chambre du motel le 11 octobre dernier.

Dans sa décision, le juge a tenu compte du côté sordide de l’événement du 27 mai dernier survenu sur la rue Short et du profil des trois accusés.

La victime dans cette affaire a été séquestrée pendant 10 heures et attachée à une chaise avec du ruban gris puis des attaches de plastique. Un bas a été placé sur sa bouche. Il aurait été battu avec un bâton télescopique, un balai et à coups de pied et de poing.

« Au cours de cette barbarie, on tente de lui couper un doigt et de lui arracher un œil. Tout cela pour une question de dette de drogue, ou de transaction qui a mal tourné », signale le juge.

Lapointe libérée

Roxanne Lapointe a sangloté pendant une bonne partie de la décision par le juge Chapdelaine. 

« Vous étiez sans histoire jusqu’à 23 ans; jusqu’à ce que vous vous amourachiez d’un vrai toxicomane. Vous vous y êtes incrustée. Je vous crois lorsque vous dites que vous voulez retrouver votre famille. Votre attitude tranche avec celle affichée par d’autres accusés. Votre rôle est différent lors des événements du 27 mai où vous aviez un rôle très secondaire », estime le juge Chapdelaine qui lui a accordé sa confiance en la remettant en liberté.

Le père de Roxanne Lapointe devra déposer 1000 $ pour garantir le respect des conditions de remise en liberté. Elle devra résider en tout temps à la maison de thérapie et s’abstenir de communiquer avec les coaccusés et témoins dans cette affaire.

Le juge a refusé de remettre Desrosiers en liberté en raison de sa toxicomanie, des garanties qui n’étaient pas suffisantes, qu’il ne connaissait pas la longueur de la thérapie et de ses nombreux bris de conditions.


« Vous en êtes non seulement à l’origine, mais vous en êtes l’animateur, l’auteur et le leader principal. »
Le juge Conrad Chapdelaine

Analphabète, toxicomane et sans-emploi, Desrosiers consomme du crack depuis 30 ans. Il possède plusieurs antécédents judiciaires.

Concernant Vanier, le juge Chapdelaine estime qu’il a joué un rôle de leader dans les deux événements dont il est accusé.

« Vous en êtes non seulement à l’origine, mais vous en êtes l’animateur, l’auteur et le leader principal. Vous jouez un rôle de leader dans le trafic de drogues dures et injectables. Je ne crois pas votre réelle volonté de suivre une thérapie pour régler votre dépendance aux drogues. Le tribunal doute de votre volonté », estime le juge Chapdelaine.

Le juge estime que de remettre Vanier en liberté au travers une centaine d’autres toxicomanes sans barrière ou véritable encadrement physique.

« C’est par vous et votre mode de vie que les gens que vous appelez les rats se retrouvent dans la toxicomanie. C’est vous qui êtes le fournisseur », signale le juge qui a dénoncé l’attitude de défi des forces de l’ordre par Vanier malgré sa formation en droit.

Les accusations reliées aux armes à feu sont passibles d’une peine minimale de quatre ans de prison.

Toutes ces accusations ont été déposées par la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau.

Me Christian Raymond, Me Julie Beauchemin et Me Alexandre Fleurent de l’aide juridique assument respectivement la défense de Lapointe, Vanier et Desrosiers.