Gilles-Olivier Bernier a reconnu deux vols dans des résidences, une tentative de vol ainsi que du méfait dans une résidence à Sherbrooke à l’automne 2017.

Un voleur incorrigible écope 4 ans

Un multirécidiviste aux prises avec des problèmes de consommation de drogue et d’alcool a réglé ses comptes avec la justice, mais devra prendre la direction d’une prison fédérale pour une longue période.

Gilles-Olivier Bernier a reconnu deux vols dans des résidences, une tentative de vol ainsi que du méfait dans une résidence à Sherbrooke à l’automne 2017.

La juge Hélène Fabi de la Cour du Québec l’a condamné, mercredi, à quatre ans de prison.

« L’introduction par effraction est une accusation grave passible de la détention à perpétuité. Je tiens compte du traumatisme causé aux victimes dont deux sont âgées. Je considère le risque de récidive et l’intoxication qui perdure ainsi que votre lourd casier judiciaire dont plusieurs en semblable matière », a justifié la juge Fabi.

L’individu de 36 ans tenait à s’adresser au tribunal lors des observations sur la peine. Bernier venait de sortir de prison en octobre 2017 à la suite d’une peine de 30 mois lorsqu’il a commis ces vols.

« Je ne sais pas où commencer. J’ai des problèmes de drogue et d’alcool. Je n’étais pas dans mon état naturel. Je venais de sortir d’une maison de thérapie. Je volais pour me procurer de l’argent. Je veux obtenir de l’aide. Ça fait quinze ans que je fais du crime. Je veux m’en sortir. Je ne voulais pas faire de mal. C’est écœurant ce que j’ai fait, mais je suis convaincu que j’ai de bonnes valeurs. J’espère m’en sortir et revenir un citoyen normal », signale Bernier.

La juge Fabi a reconnu les efforts de Gilles-Olivier Bernier, mais a indiqué qu’elle devait le tenir à l’écart de la société pour une longue période.

« J’ai écouté votre témoignage. Je sympathise avec vos efforts, mais je dois protéger la société avec les antécédents que vous avez et malgré les efforts que vous avez faits. Mais cette peine ne doit pas vous décourager. Vous pouvez vous servir des services en détention », a justifié la juge Fabi.


«  J’ai été faire des niaiseries. J’avais pris du Four loko et du GHB.  »
Gilles-Olivier Bernier

Le 24 novembre 2017 sur la rue Cambrai, Bernier a fracassé une fenêtre du sous-sol d’une résidence avec une roche. L’accusé avait laissé ses clés sur les lieux du vol. Il avait aussi laissé une trace de pas sur la porte et du sang sur place.

Il y avait volé de la nourriture, un téléviseur, une valise, des lunettes de soleil, une perceuse et des médicaments pour une valeur de 1265 $.

Trois jours plus tard, il a été surpris par une dame de 90 ans sur la rue Cabana. Elle avait entendu un bruit provenant du sous-sol. Bernier avait brisé la vitre avec une brique. L’accusé avait laissé des traces de pas et du sang.

Le même jour, soit le 27 novembre sur la rue Bachand, il y avait commis un autre vol. Encore une fois, le vol a été perpétré en plein jour. La résidence avait été fouillée. Des traces de pas laissées sur place.

Des bijoux pour environ 10 000 $, des passeports, des chèques, des produits de beauté, des appareils photo et des manteaux de femmes ont entre autres été volés.

Aucun souvenir

« Mon client n’a aucun souvenir de ça. Il avait consommé de l’alcool et des drogues. La preuve est accablante. Il y a de l’ADN et des empreintes digitales de mon client sur place », a reconnu Me Jean-Marc Bénard.

« J’ai été faire des niaiseries. J’avais pris du Four loko et du GHB », confirme l’accusé.

Bernier était ivre mort dans sa chambre sur la rue Cabana lorsqu’il a été arrêté en novembre 2017. Il portait une montre et un manteau de femme, volés la journée même sur la rue Bachand. L’enquête du Service de police de Sherbrooke avait permis de le relier aux trois vols.

« C’est une preuve accablante avec des empreintes qui les relient à vous. Des biens volés ont aussi été trouvés chez vous », signale la juge Fabi.

Bernier aurait aimé purger une peine de trois ans de détention.

« Je sais ce que j’ai fait est très grave. Je suis certain que la prison ne règlera rien. C’est moi qui dois vouloir régler la situation. Ce ne sont pas 48 mois qui vont me changer. Trente-six mois vont me permettre d’aller à l’école et de retrouver ma famille », a mentionné Bernier avant que la peine soit imposée.

Ce dernier a accueilli en maugréant la peine de détention imposée par la juge Fabi qui correspondait à la peine suggérée par la procureure aux poursuites criminelles Me Nathalie Robidoux.