Gilbert Rozon n’était pas présent au palais de justice de Montréal, jeudi matin, mais son avocat, Pierre Poupart, était là pour le représenter.

Un procès devant jury pour le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon

MONTRÉAL — Gilbert Rozon subira son enquête préliminaire le 12 novembre prochain et cette journée sera l’occasion pour son avocat de tester la version de la femme qui soutient avoir été violée par le fondateur de Juste pour rire.

L’accusé n’était pas présent au palais de justice de Montréal, jeudi matin, mais son avocat était là pour le représenter et a déterminé cette date pour la tenue de l’enquête.

Celui-ci, Me Pierre Poupart, a aussi indiqué qu’il choisissait un procès devant jury.

Le juge lui a alors demandé si son client sera présent pour cette étape de l’enquête préliminaire.

«Absolument», a répondu Me Poupart.

L’ex-magnat de l’humour a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur sur une femme, pour des gestes commis en 1979 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides. L’identité de la femme est évidemment protégée.

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Gilbert Rozon à Montréal, le 8 janvier dernier

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«Le but de l’étape de l’enquête préliminaire, c’est qu’une preuve soit présentée au tribunal pour qu’un juge ou une juge statue sur la suffisance de la preuve, pour voir si elle est suffisante pour aller à procès dans cette affaire-là», a expliqué à l’extérieur de la salle de cour Bruno Ménard, le procureur de la Couronne.

Le 12 novembre, il n’y aura qu’un seul témoin pour l’enquête: la plaignante. La Couronne va demander au juge la permission de présenter une vidéo de sa déclaration initiale et la femme sera aussi disponible pour être contre-interrogée par Me Poupart.

L’enquête aura lieu dans plus de sept mois, mais Me Ménard n’est pas inquiet que les délais ne soient dépassés.

«À ce stade-ci, je ne pense pas que ce soit une préoccupation active dans le dossier.»

D’autres dates avaient été offertes aux procureurs, mais en raison de conflits d’horaires tant du côté de la Couronne que de la défense, celle du 12 novembre a été retenue.

Invité par les journalistes à répondre à leurs questions, Me Poupart a poliment décliné.

Gilbert Rozon avait réagi par courriel le jour même où les accusations avaient été déposées contre lui, le 12 décembre dernier: «J’ai appris ce matin le dépôt d’accusations à mon encontre concernant un dossier présumé datant d’il y a près de 40 ans. Je vais continuer à me défendre devant la justice et je réserve tout commentaire pour cette instance».

Ces accusations de viol et d’attentat à la pudeur ont été déposées en vertu du Code criminel en vigueur en 1979, ce qui explique le libellé des chefs d’accusation, le crime de viol n’existant plus de nos jours sous cette appellation.