Le plan d’action de Sherbrooke, ville en santé, visant à lutter contre les impacts graves de l’alcool chez les jeunes sera prêt en avril.

Un plan pour éviter les abus d'alcool chez les jeunes

Le plan d’action de Sherbrooke, ville en santé, visant à lutter contre les impacts graves de l’alcool chez les jeunes sera prêt en avril. L’organisme, qui regroupe notamment différents établissements du milieu de l’éducation, veut notamment cibler des périodes charnières dans l’année afin d’intervenir auprès des jeunes.

Ce sont les conclusions de l’étude du Dr Cyr et de ses collègues qui guideront les pistes d’action mises en place. L’enquête, dévoilée l’automne dernier, montrait qu’une consultation pour une urgence médicale liée à l’alcool chez les 12 à 24 ans était survenue tous les deux jours. Quelque 25 % « ont été admis au triage avec un niveau de priorité 1 ou 2, indiquant que leur vie était en danger » et 57 % présentaient des complications comme un coma, des lésions à la tête ou de l’hypothermie.

L’organisme se basera également sur le plus récent avis de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), auquel le Dr Cyr a participé.

« Les cas d’intoxications aiguës chez les jeunes surviennent de façon prépondérante à certains moments de l’année. Il y a lieu de renforcer les mesures de prévention autour des bals de fin d’études et de la Fête nationale, ainsi qu’au moment de la rentrée scolaire dans les cégeps et les universités », pouvait-on lire dans cet avis.

Sherbrooke ville en santé et ses partenaires (dont la Santé publique de l’Estrie), veut notamment se pencher sur ces moments plus problématiques pour intervenir. « L’Halloween est vraiment une date où il y avait plus d’hospitalisations. Il faut concerter nos efforts à certains moments clés », commente la directrice générale de l’organisme, Caroline Proulx.

Des mesures sont déjà en place pour la fin de l’année, rappelle-t-elle.

Vers la fin des classes, au moment des bals de finissants, les policiers circulent dans les classes des écoles secondaires. Les infirmières scolaires sont aussi mises à profit.

Mme Proulx note que les partenaires souhaitent aussi renforcer leur cohésion. « Des actions menées sur un campus pourraient être reprises dans le milieu municipal. »

Des sous-comités plancheront sur les différentes orientations. Les intervenants dans ce projet souhaitent aussi contrer la banalisation de la consommation d’alcool, qui peut avoir des conséquences très graves.

Une des mesures visera à soutenir les parents et leur suggérer des façons d’aborder ce thème avec leurs enfants.

Rappelons que la mort de l’adolescente Athéna Gervais a ramené les dangers de l’alcool à l’avant-plan. À la suite du décès de l’élève de 14 ans, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il interdirait la vente de boissons sucrées et alcoolisées dans les dépanneurs.

« Le but, ce n’est pas d’interdire de boire. Si on est pour boire avec nos amis, comment peut-on avoir une belle soirée jusqu’à la fin? Éviter les boissons à forte teneur en alcool, ça fait partie des moyens pour que la soirée soit agréable jusqu’au bout. »

Y aura-t-il spécifiquement une mesure sur les boissons sucrées alcoolisées?

« L’angle sur lequel on l’a pris, c’est sur les sortes d’alcool à forte teneur en alcool », répond Mme Proulx. L’étude du Dr Cyr et de ses collègues montrait d’ailleurs à ce sujet que 75 % des jeunes avaient bu des boissons à forte teneur en alcool. Les intervenants regardent aussi les façons d’améliorer les suivis à la suite d’une hospitalisation en cas d’intoxication à l’alcool.

« On va essayer de collaborer davantage avec les tenanciers pour voir ce qu’ils peuvent mettre en œuvre », commente aussi Mme Proulx.

Des initiatives existent déjà, comme CoDebar, où une consommation sans alcool est offerte aux conducteurs désignés.