Un patient de la psychiatrie a attaqué deux employés du CHUS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Un patient de la psychiatrie de l’Hôtel-Dieu a attaqué un employé, mercredi dernier, en tentant de s’en prendre à lui avec un objet pointu. Le même patient s’en est pris à un autre employé le vendredi suivant, en l’assénant de coups de poing. L’agent de sécurité Steve Dumas a déposé une plainte à la police mercredi. Il réclame plus de personnel et une meilleure formation pour les employés.

Le personnel avait été averti que le patient était agressif. C’est en tentant de le maîtriser que M. Dumas a senti une pression sur son cou. « Il a essayé de me piquer avec l’objet. »

Le patient aurait modifié une brosse à dents afin de la rendre pointue, indique Éric Bergeron, conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), en précisant que le syndicat en était toujours à recueillir certaines informations dans ce dossier pour fin d’enquête. « Il a voulu s’en servir comme une lame au niveau du cou pour essayer de transpercer le cou du travailleur (...) C’est une tentative de meurtre : l’intention était de le tuer. »

Le patient aurait clairement fait part de son intention de tuer l’employé, qui s’en est tout de même sorti sans blessure.

Le patient avait été transféré du septième au neuvième étage.

Selon M. Bergeron, aucune mesure spécifique n’a été prise à la suite de l’incident, sauf de retransférer le patient au septième étage, qui est plus contrôlé en termes de sécurité.

Or, vendredi dernier, le patient s’en est pris à un autre employé. « Il l’a frappé violemment », note M. Bergeron.

« Ce qu’on déplore, c’est que le patient était dangereux. Il a manifesté une certaine déception d’avoir manqué son coup (mercredi). Le vendredi sur l’heure du dîner, un membre (du SCFP) a été laissé seul avec lui. C’est à ce moment-là qu’il a subi l’assaut. »

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a pas voulu réagir lundi, mais a souligné qu’il prenait la situation très au sérieux.

Employés craintifs

En 20 ans de carrière, Steve Dumas en a vu, des épisodes avec des menaces et des coups… mais pas avec des objets contondants. « Depuis un bout, c’est pire que pire. Ce que je demande, c’est plus de personnel et plus d’outils de travail », lance-t-il en réclamant aussi plus de formation. Parmi les outils réclamés, il cite notamment des menottes en velcro et des filets anti-crachat. Le patient qui l’a agressé lui a aussi craché en plein visage.

Selon M. Bergeron, plusieurs employés sont craintifs. Certains d’entre eux auraient besoin d’avoir un « rafraîchissement » de la formation qu’ils ont déjà reçue.

En septembre, les employés ont connu un épisode particulièrement occupé au département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu avec neuf codes blancs en moins de cinq heures. Les codes blancs sont déclenchés lorsqu’un patient est en crise et doit être maîtrisé physiquement.

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait alors fait valoir qu’elle était au fait de « la problématique de la violence dans ce département » et annonçait une mise à jour plus fréquente de la formation Oméga, une formation de base que reçoivent les employés du département de psychiatrie.

Relations difficiles

M. Bergeron soutient que les relations de travail sont difficiles au sein du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. L’instance syndicale, qui représente notamment des préposés aux bénéficiaires et des agents d’intervention, dit réclamer une rencontre avec l’employeur au sujet de la pénurie de personnel. « Ça fait un an qu’on demande de s’asseoir avec lui. On a des propositions pour éviter le temps supplémentaire. »

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a annoncé qu’il fait face à un déficit de 17 M$ en raison de questions de main-d’œuvre.