Mardi, des équipes d'intervention ont pu libérer la voie ferrée avec de la machinerie lourde.

Un mois pour connaître la cause du déraillement

Il faudra un mois avant d'avoir la cause du déraillement de deux wagons de la compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique survenu lundi soir au centre-ville de Sherbrooke.
Danny Robitaille
C'est la confirmation qu'a donnée l'entreprise au Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, mercredi matin. « On m'a dit que ça prendrait un mois avant de finaliser l'enquête », explique Danny Robitaille, chef de la division de la gestion des risques.
« Pour l'instant, nous n'avons pas la cause. C'est certain qu'on se pose des questions. Nous aimerions savoir s'il y a eu un problème avec la traverse de chemin ou si c'était un bris mécanique. Heureusement, il n'y avait pas de matière dangereuse dans les wagons. »
Rappelons que le centre-ville de Sherbrooke a été le théâtre d'un déraillement lundi en fin de journée. Deux wagons roulant sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre des Grandes-Fourches et du Dépôt, se sont renversés.
Mardi, des équipes d'intervention ont pu libérer la voie ferrée avec de la machinerie lourde.
L'un des wagons transportait du bois, l'autre des billes de plastique.
M. Robitaille a voulu s'assurer que tout s'est fait comme prescrit dans ce genre d'événement. « L'appel est rentré par le 9-1-1. Le protocole a été respecté », dit-il.
« Dans ce type d'accident, la compagnie doit avertir les services municipaux. Les pompiers n'ont pas été sur place, il n'y avait pas de matière dangereuse. S'il y en avait eu, le déploiement aurait été plus important. Il aurait fallu contacter Transports Canada. »
Danny Robitaille mentionne qu'il aurait aimé que la compagnie puisse se montrer plus alerte concernant les communications avec les médias et le public, étant donné que les gens ont encore frais à la mémoire les événements tragiques de Lac-Mégantic survenus en 2013.
Les déraillements sur le territoire de Sherbrooke sont quand même rares, ajoute-t-il.
Une vidéo
Le porte-parole de la Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire au centre-ville de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, est resté dubitatif en apprenant la nouvelle de ce déraillement. Il a ressorti une vidéo prise l'automne dernier quand il était venu prendre des images de la voie ferrée en question au centre-ville de Sherbrooke.
On peut le voir constater que des rails où a roulé le convoi lundi soir étaient en mauvais état. « Nous avons fait un signalement à Transports Canada. Ça a été pris en note et réparé dans les 48 heures. Est-ce qu'il reste des fissures sur les rails et des boulons à visser plus loin sur la voie ferrée? » se demande celui qu'on connaît pour être du combat en faveur de la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic.
« Heureusement, ce n'était pas du gaz propane qui était dans les wagons qui ont déraillé lundi soir. Sherbrooke a eu plus de chance que Lac-Mégantic... Dans le cas d'un déraillement impliquant du gaz propane, l'évacuation se fait sur deux kilomètres à la ronde. »
M. Bellefleur ajoute que beaucoup de wagons contenant des matières dangereuses circulent tous les jours au centre-ville de Sherbrooke.
Il invite les gens à consulter le site de Transports Canada, sous « Avis assortis d'un ordre ». On y voit que Chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique a été pris en défaut en août dernier à Sherbrooke concernant « des joints éclissés », une « différence de nivellement transversal entre deux points séparés de moins de 62 pieds dépassant la limite permise pour une voie de catégorie 2 », « aucune traverse assurant un appui efficace à l'intérieur de la distance prescrite d'un joint de rail au mille 56,26 », une « éclisse rompue au centre au mille 58,74 » et des « usures de rails 100 livres dépassant la limite permise pour une voie catégorie 2 ».
On y énumère les « mesures immédiatement prises » par la compagnie : « réduire la vitesse des trains à une voie de catégorie 1 aux endroits appropriés » et « dépêcher une équipe pour effectuer les réparations nécessaires avant de canceller la protection de la voie. »
« Les mesures prises par le Saint-Laurent & Atlantique ont été jugées comme étant satisfaisantes par atténuer le risque imminent », mentionne-t-on.