Connu sous le nom de « l’avocat » dans le monde interlope, Maxime Vanier est accusé d’avoir séquestré, attaché, bâillonné puis battu Maxime Robitaille alors qu’il aurait tenté de lui couper un doigt et de lui arracher un œil pour une dette de drogue de 150 $.

Un junky tabassé pour 150 $

« J’ai reçu énormément de coups. Si je n’ai pas mangé 200 coups, je n’en ai pas mangé un. »

Au procès de Maxime Vanier, la victime alléguée Maxime Robitaille, un toxicomane au lourd passé judiciaire, a raconté l’enfer qu’il a vécu en mai 2018 à Sherbrooke.

Vanier, connu sous le nom de « l’avocat » dans le monde interlope, est accusé d’avoir séquestré, attaché, bâillonné puis battu Maxime Robitaille alors qu’il aurait tenté de lui couper un doigt et de lui arracher un œil pour une dette de drogue de 150 $.

Devant le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec, Maxime Robitaille a décrit l’agression qu’il aurait subie au logement de Vanier sur la rue Short le 28 mai 2018 alors que Roxanne Lapointe, la conjointe de l’accusé à l’époque, et Benoit Desrosiers étaient présents.

Ce dernier a été condamné à une peine de prison dans cette affaire, tandis que Roxanne Lapointe a plaidé coupable.

Lors de son témoignage, Maxime Robitaille a expliqué qu’il a rencontré Vanier dans des circonstances de consommation de drogue.

« J’ai vu beaucoup beaucoup d’argent dans sa voiture sur le siège passager. Je me suis accoté les mains dans son véhicule. J’ai ramassé un 100 $ et un 50 $ de ce qu’il m’avait déjà pris. Il avait l’air correct. Il m’a vu très clairement prendre l’argent, puis il m’a invité chez lui pour une “puff” de crack », explique Maxime Robitaille qui a témoigné au box des détenus étant donné qu’il est incarcéré dans une autre affaire.

Il affirme avoir été frappé pendant dix à douze heures. Il a décrit les coups de matraque à la tête, aux bras et dans le dos « jusqu’à ce que la matraque casse ». 

Maxime Robitaille affirme avoir perdu connaissance à plusieurs reprises avant d’être attaché sur une chaise avec du ruban gris et des attaches de plastique.

« Quand on est attaché ou battu, on ne peut pas regarder l’heure. Ç’a été l’enfer. Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi [...] Ils disaient qu’ils allaient attendre la nuit pour me mettre dans le coffre d’auto, m’amener dans le bois, m’attacher à un arbre et qu’ils allaient me tuer », a témoigné Robitaille.

À plusieurs reprises lors de son témoignage, il a minimisé la participation de Roxanne Lapointe en disant qu’elle s’est occupée de lui et qu’elle essayait de convaincre Desrosiers et Vanier de le libérer.

Il affirme qu’un bas lui a été mis dans la bouche pour qu’il arrête de crier.

Il soutient que Benoit Desrosiers a tenté de lui arracher un œil avec une cuillère et qu’il a tenté de lui couper un doigt avec une paire de pinces, mais qu’il en a été empêché par Vanier et Lapointe.

« Maxime Vanier a participé à me ternir le doigt, mais il a arrêté », souligne Maxime Robitaille.

Il témoigne avoir subi un pneumothorax double ainsi que des fractures au nez, à la mâchoire, à la clavicule et à plusieurs côtes.

« J’étais magané. Je voulais partir de l’hôpital pour me geler et oublier tout ça. J’étais un junky », soutient Maxime Robitaille.

« Il était mal en point »

La conjointe de Benoit Desrosiers, Louise Landreville, qui a assisté à une partie de la scène d’horreur, a été appelée à la barre.

« Il était mal en point. J’étais convaincue que ça se finirait par un meurtre. Tu ne voyais plus les yeux à Robitaille tellement il était magané », soulève Louise Landreville. 

Elle est retournée plus tard dans la journée sur la rue Short.

« Il souffrait. Ça n’avait pas de sens. Il avait de la difficulté à respirer. Il voulait de la morphine pour se soulager », témoigne Louise Landreville.

La procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau a complété sa preuve.

L’avocate de la défense Me Julie Beauchemin a indiqué qu’elle devrait présenter sa défense, jeudi.

Roxanne Lapointe reconnaît ses torts

Roxanne Lapointe, la complice de Maxime Vanier tant pour les gestes de la rue Short que ceux commis au motel La Marquise se trouve sur la voie de la réhabilitation.

La femme sans antécédent judiciaire a plaidé coupable, mercredi, concernant les faits qui la concernent.

Elle a reconnu la séquestration et des voies de fait simple contre Maxime Robitaille dans l’affaire du 28 mai 2018 pour laquelle Maxime Vanier subit son procès.

La victime avait connu les accusés dans un contexte de consommation de stupéfiants.

Maxime Robitaille a été séquestré dans le logement durant plusieurs heures. 

Roxanne Lapointe a donné des coups à Maxime Robitaille, mais c’est elle qui est intervenue pour que la séquestration cesse. Elle a aidé Robitaille à se détacher et à quitter les lieux de la séquestration.

« Vous comprendrez que les coups les plus graves n’ont pas été donnés par Roxanne Lapointe », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles, Me Geneviève Crépeau.

Autres accusations

Roxanne Lapointe a aussi reconnu le trafic de stupéfiants, soit de la méthamphétamine et de la cocaïne, ainsi que de la possession d’armes prohibées. Elle a aussi reconnu un recel et une possession simple de cannabis entre le 1er aout et le 11 octobre 2018.

Roxanne Lapointe a plaidé coupable à un vol qualifié au motel La Marquise en compagnie de Maxime Vanier en octobre 2018 pour une question de dette d’argent pour la location d’une chambre d’hôtel dans un contexte de consommation de drogue.

Lors des évènements, Vanier s’est rendu au fond de la chambre de motel lors de l’altercation entre Roxanne Lapointe et celle qui allait devenir la victime de cette affaire. 

Il y a une chicane entre Roxanne Lapointe et la victime. Elle l’a prise par la gorge. La sacoche de la victime a été prise et fouillée.

« Il n’y avait pas d’objets de valeur à l’intérieur », précise Me Crépeau.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond a demandé la confection d’un rapport présentenciel complet.

Les observations sur la peine se dérouleront le 9 janvier 2020.

Maxime Vanier avait reconnu son implication dans ce vol qualifié au moment de son procès dans cette affaire en septembre dernier.