Ruben Dario Meza Lazaro

Un joueur de soccer risque la déportation

SHERBROOKE — Ruben Dario Meza Lazaro risque la déportation vers la Colombie si un casier judiciaire lui est imposé.

Ce joueur de soccer sherbrookois a été reconnu coupable de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions pour avoir blessé un arbitre en lui lançant un ballon derrière la tête lors d’un match amateur.

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Lors des observations sur la peine qui se dérouleraient, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke, la défense a plaidé pour que l’homme puisse bénéficier d’une absolution conditionnelle avec une probation impliquant un suivi pour la gestion de sa colère.

L’avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette a plaidé que son client, qui est un actif pour la société, est menacé d’expulsion du Canada. Meza-Lazaro est résidant permanent au Canada depuis bientôt dix ans. Il est arrivé de Colombie en 2008. 

« Mon client fait face à une mesure de renvoi qui est automatique. Je réclame une absolution pour qu’il soit réputé ne pas avoir été condamné et pour éviter qu’il ne soit déporté. Les conséquences sont graves par un renvoi dans son pays d’origine qu’il a fui » soulève Me Blanchette.

La procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion réclame, quant à elle, 90 jours de prison à purger les fins de semaine pour les gestes qui ont eu d’importantes conséquences pour l’arbitre Gustavo Arango.

Elle a insisté sur le fait que les gestes ont été commis sur un arbitre, une figure d’autorité dans un match de soccer.

« La victime était de dos et s’éloignait. C’était un geste totalement gratuit. La victime a eu plusieurs séquelles importantes », rappelle Me Dorion.

Les événements se sont déroulés lors d’un match de soccer senior amateur houleux le 26 juin 2017 au parc Bureau de Sherbrooke.

L’accusé a bénéficié de rencontres au Seuil de l’Estrie pour traiter ses problèmes de violence.

« Il n’est pas fier de lui d’avoir agi ainsi. Il veut comprendre pourquoi il a agi comme ça (...) Nous ne sommes pas ici pour faire le procès des fédérations de sport. Je ne pense pas que M. Lazaro voulait se rendre là. C’était dans un accès de colère. Il y a eu d’importantes répercussions pour la victime que mon client ne voulait pas », estime Me Blanchette.

Victime

La victime dans cette affaire, Gustavo Arango s’est adressé à la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

« Ce n’est pas vrai que tout est permis dans le sport. Le ballon que j’ai reçu aurait pu être lancé sur l’adolescent de 14 ans qui arbitrait avec moi. L’émotivité est normale, mais il ne faut pas aller trop loin. Des agressions à des arbitres ce n’est pas nouveau. Ce qui m’enrage le plus, c’est que ça continue. Je n’ai pas eu d’accompagnement des associations sportives. Je n’en veux pas à monsieur personnellement. Mais il faut être conscient des conséquences de ces gestes. Heureusement, j’étais bien assuré. Si je n’en avais pas eu, j’aurais fait faillite et perdu ma job et ma maison », estime M. Arango.

Gustavo Arango a vécu des conséquences importantes du ballon qu’il a reçu derrière la tête. 

« Je suis de retour au travail progressif à trois jours par semaine. Ç’a été une année très difficile avec beaucoup de conséquences. J’ai dû arrêter de travailler pendant 14 mois, porter des lunettes et prendre des médicaments. Je dois prendre un médicament pour la concentration, chose que je n’avais jamais eu besoin de prendre. Je dois intégrer de nouvelles façons de faire à ma routine », a expliqué Gustavo Arango.

Ce dernier a entrepris une poursuite civile de 195 578 $ contre Ruben Dario Meza Lazaro, mais aussi la Fédération de soccer du Québec, l’Association régionale Soccer Estrie et le club de soccer le Mistral de Sherbrooke.

La juge Fabi imposera la peine le 19 décembre.