Un Cowansvillois âgé de 25 ans, Austin Rutledge, pourrait être la première victime à succomber d’une surdose de fentanyl en Estrie. Le coroner a ordonné une autopsie et des analyses toxicologiques pour faire la lumière sur les causes de sa mort.

Un Cowansvillois aurait succombé à une surdose de fentanyl

Un Cowansvillois âgé de 25 ans pourrait possiblement être la première victime d’une surdose de fentanyl à succomber en Estrie. Le coroner a ordonné des analyses toxicologiques et une autopsie à la suite du décès du jeune homme.

« On savait qu’il prenait des drogues. On savait que peut-être ça avait joué un rôle dans son décès. Mais quelle drogue ? Est-ce un arrêt cardiaque ? Une surdose ? On ne sait pas », a confié Lisa Rutledge, la sœur de la présumée victime du fentanyl, Austin, jeudi lors d’une entrevue accordée à La Voix de l’Est.

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Le décès de son frère âgé de 25 ans, survenu le 23 septembre dernier, a été signalé au bureau du coroner. Des soupçons planent quant au rôle qu’aurait pu jouer le fentanyl dans la mort du Cowansvillois. Une autopsie a été pratiquée et des analyses toxicologiques ont été réalisées à la demande du coroner Gilles Sainton, responsable de l’investigation.

« Le coroner réserve ses commentaires et conclusions quant aux causes probables et aux circonstances de ce décès pour son rapport d’investigation », a fait savoir par courriel jeudi le service des communications du bureau du coroner.

La Sûreté du Québec mène également une enquête de son côté. Celle-ci serait sur le point d’être complétée. Le corps policier a refusé de commenter ce dossier, jeudi.

La famille d’Austin Rutledge est dévastée par son décès survenu dans des circonstances que sa sœur préfère ne pas dévoiler. « Ça a été un choc. On est vraiment tristes. On sait qu’il se battait contre ses démons dans sa vie, dans sa tête... », confie sa sœur, bouleversée par la mort tragique de son jeune frère, qui travaillait comme cuisinier.

La femme affirme qu’elle ignorait la nature des substances que son frère consommait. Questionné quant au possible rôle qu’aurait pu jouer le fentanyl, elle a fait savoir que sa famille et elle n’en savent rien. « Le coroner n’a pas encore donné d’information. Personne à ma connaissance n’a appelé mes parents pour dire que ça serait la cause », dit-elle.

Une drogue puissante
Rappelons que la Santé publique de l’Estrie a rapporté mercredi des cas récents d’intoxication au fentanyl obtenu sur ordonnance, une substance qui est environ 100 fois plus dévastatrice que la morphine. Ces cas ont notamment nécessité une hospitalisation. Selon ce que La Tribune a appris, on signale en plus le décès d’une personne qui aurait consommé du carfentanyl, qui lui est 10 000 fois plus puissant que la morphine !

Le fentanyl, qui peut être prescrit à des fins médicales, est parfois mélangé à d’autres drogues, comme l’héroïne et la cocaïne, selon les informations consultées sur le site web de la Gendarmerie Royale du Canada. Il est utilisé sous la forme de comprimés qui ressemblent à des médicaments vendus sur ordonnance.

La première saisie de carfentanyl au Québec a été réalisée il y a un an à l’Aéroport international de Montréal-Mirabel. Il se présente sous la forme de grains de sel. Deux colis devaient être acheminés à deux adresses résidentielles différentes de la Montérégie par un service de messagerie privée, rapportait .

Au Québec, les premières saisies de fentanyl ont eu lieu en 2016. Cette drogue a fait plus de 2500 morts à travers le Canada entre 2000 et 2016.

« On se dit que c’est à Vancouver, que ça n’arrive pas ici. C’est partout. Partout », laisse tomber Lisa Rutledge.

— En collaboration avec La Tribune