Les chandails « Ceci n’est pas un tableau de chasse » sont disponibles dans les succursales Simons ou en ligne au coût de 25 $. À chaque achat, 8 $ sera remis à Sans oui, c’est non.

Un an après #MoiAussi : la violence sexuelle mieux comprise

SHERBROOKE — Il est juste de dire que le mouvement #MoiAussi, qui s’est répandu dans la société il y a environ un an, a créé un réel impact sur la manière d’approcher la violence sexuelle. L’organisme Sans oui, c’est non créé en février 2016 peut d’ailleurs voir la différence de l’avant et l’après.

« Les campagnes de sensibilisation fonctionnent dans le bon sens, jusqu’à quel point ça se traduit concrètement dans les comportements ? Ça sera peut-être à valider un peu plus tard… Mais dans les consciences, il y a un souci qui est implanté, et c’est déjà énorme », commente Véronique Grenier, porte-parole de Sans oui, c’est non depuis sa création. L’organisme se charge de soutenir la prévention des violences à caractère sexuel sur les campus collégiaux et universitaires du Québec.

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Mme Grenier est aussi professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke. Elle milite déjà depuis cinq ans, à l’aide de conférences et de publications d’articles, contre les violences à caractère sexuel. Dans le cadre de ses activités, elle remarque un progrès dans la manière de parler du sujet.

« Ce qu’on voit aller, c’est qu’avant j’avais à expliquer beaucoup de choses, puis maintenant les gens sont au courant. Ils sont beaucoup plus sensibles aux réalités. On prend la chose plus au sérieux et on dénonce plus rapidement. C’est comme si on a développé une allergie au mauvais traitement. En ce sens là, il y a un progrès. J’ai vu un changement », ajoute-t-elle.

Récemment, Sans oui, c’est non a créé des chandails en collaboration avec Simons et Les Beaux Jours. Il s’agit d’une nouvelle façon de sensibiliser.

Le chandail « Ceci n’est pas un tableau de chasse » a été lancé dans le cadre de la dernière campagne de l’organisme qui porte sur le victim blaming, qui est la tendance de reprocher aux victimes l’agression qu’elles ont subie. La phrase, accompagnée d’un design de cœur, revendique le fait que le corps ne peut servir d’ornement ou de trophée à qui que ce soit.

« Je suis revenue souvent sur le fait que c’est super problématique qu’on considère l’autre comme étant moins qu’humain, une proie ou une chose. Quand est venu le temps de chercher des phrases accrocheuses pour le chandail, celle-là a pris le dessus. Souvent on entend l’expression de “kill” lorsque les gens parlent de leur nouvelle conquête, quelque chose que je trouve super violent », exprime Mme Grenier, qui est l’une des artistes derrière le choix du chandail.

À chaque exemplaire vendu, Simons remet 8 $ à Sans oui, c’est non pour faire de la prévention.

« Les gens sont plus réceptifs à notre message sur les campus, ça fait longtemps qu’on pousse ce message-là. Le mouvement #MoiAussi, ça a fait sortir le discours, pis ça s’est propagé à tout le reste de la société. Tout le monde a parlé de la problématique des agressions sexuelles et du harcèlement sexuel depuis cette période-là », explique la directrice générale de l’organisme, Caroline Aubry.

« C’est sûr qu’on va devoir continuer à faire du travail de sensibilisation, toujours. Mais les gens sont plus à l’écoute, définitivement », termine-t-elle.