Le jeune homme abattu par des policiers de la Sûreté du Québec avait une arme de poing en main.

Un adolescent de 17 ans abattu par des policiers à Lac-Brome

Un jeune homme de 17 ans qui tenait une arme de poing a été abattu à Lac-Brome par des policiers de la Sûreté du Québec, dans la nuit de mardi à mercredi. Selon des informations obtenues par La Voix de l’Est, il pourrait avoir voulu mettre fin à ses jours. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mène l’investigation pour faire la lumière sur les circonstances du tragique événement.

« Il voulait se tuer. Son but ultime était ça, raconte en pleurant Camille Larouche, une jeune femme qui a déjà fréquenté le jeune homme dont La Voix de l’Est a choisi de taire l’identité. J’ai essayé de l’aider, mais ce n’était pas assez... Je pense qu’il voulait se suicider et je pense qu’il a trouvé un moyen pour ne pas qu’il ait à le faire lui-même. »

Le jeune homme aurait d’ailleurs publié sur Instagram une photo noire accompagnée du message « I’m so happy knowing that i can make everyone’s lives easier and happier soon » vers minuit. « Je pense que c’est le dernier truc qu’il a dit », indique la jeune femme qui était accompagnée de ses parents lors de l’entrevue. 

Un appel a été logé au 911 environ une heure plus tard, vers 1 h 20, pour signaler la présence d’un homme armé dans un lieu public. Selon des sources près du milieu policier, cet appel aurait possiblement pu avoir été fait par le jeune homme lui-même. Il n’a toutefois pas été possible de valider cette information, mercredi. 

Les policiers dépêchés dans le secteur ont localisé l’individu dans le stationnement d’un ancien restaurant, à l’intersection de la rue Victoria et du chemin Knowlton, soit à moins de deux kilomètres de son domicile. Il aurait alors tenu une arme de poing à la main. Celle-ci a d’ailleurs été retrouvée à l’endroit où il a été abattu. 

« Ils [les policiers] auraient alors tenté de discuter avec lui en utilisant notamment un haut-parleur, peut-on lire dans un communiqué émis par le BEI mercredi matin. Le civil serait alors devenu menaçant envers les policiers. »

Les agents ont alors fait feu et atteint le jeune homme. Les blessures ont été fatales.

Les événements se sont déroulés alors que les commerces du secteur étaient fermés à cette heure de la nuit. Les citoyens rencontrés par La Voix de l’Est mercredi n’ont rien entendu. « J’ai vu les lumières [les gyrophares], mais je croyais qu’il y avait un feu ou un accident. Je n’ai rien entendu », a raconté Gérald Marcotte, qui réside dans le secteur. 

Enquête

Pendant près de 12 heures, l’intersection où le jeune homme a été abattu a été bouclée pour permettre aux huit enquêteurs du BEI de faire leur travail. Certains ont été vus circulant dans le secteur en allant à la rencontre de citoyens du secteur. 

Le Service de police de la Ville de Montréal a collaboré à l’enquête en agissant à titre de corps policier de soutien. Deux techniciens du service de l’identité se sont rendus sur les lieux pour recueillir les éléments de preuve. Plusieurs objets ont été identifiés où le jeune homme a été abattu, dont l’arme de poing. Des expertises seront effectuées pour déterminer si elle était fonctionnelle, a fait savoir le BEI. 

Questionné sur les possibles intentions du suspect qui aurait pu vouloir s’enlever la vie, le BEI a refusé de commenter. « Il n’y aura pas de confirmation, pas d’infirmation. L’enquête est en cours. On va laisser les enquêteurs faire leur travail », a indiqué Esther Tremblay, conseillère aux communications au BEI. 

Le rapport prendra des mois avant d’être terminé. Il sera ensuite soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui l’analysera et déterminera si des accusations seront déposées ou pas. 

Tout le monde l’adorait

Camille Larouche n’avait que de bons mots à formuler à l’endroit de son ancien ami de cœur. « Tout le monde l’adorait, dit-elle. C’est vraiment un bon garçon et je veux que les gens le sachent. Il a été important pour moi. Je l’ai beaucoup aimé et je l’aime encore aujourd’hui. »

« Il voulait se tuer. Son but ultime était ça. J’ai essayé de l’aider, mais ce n’était pas assez... Je pense qu’il voulait se suicider et je pense qu’il a trouvé un moyen pour ne pas qu’il ait à le faire lui-même. »

Camille Larouche, une ancienne copine du jeune homme

Une femme d’affaires de la municipalité, qui a voulu préserver l’anonymat, n’a pas tari d’éloges à l’égard du jeune homme décédé qui travaillait dans un supermarché. « Il était caissier et il nous saluait, nous demandait comment on allait. C’est le type d’adolescent que tu dis “wow” », décrit-elle. 

La femme était sous le choc en apprenant que le jeune homme, un ami de son fils, était celui qui a été abattu par les policiers. « Jamais dans un million d’années je n’ai pensé que ça pourrait arriver. C’est vraiment triste... »

« Je veux que les gens se souviennent de lui comme une personne souriante et joyeuse », formule quant à elle Camille Larouche. 

Le jeune homme a déjà fréquenté la maison des jeunes de la municipalité. Il était donc connu des autres jeunes et des animateurs. Une infirmière du CLSC était disponible mercredi pour offrir de l’aide psychologique à ceux qui en ressentaient le besoin, indique Ghyslain Forcier, responsable des communications à la Ville de Lac-Brome. Une ressource était toujours recherchée pour intervenir jeudi et offrir à nouveau une écoute aux jeunes.