Des géologues spécialisés dans la mécanique des roches du ministère des Transports du Québec étaient à pied d'oeuvre mercredi afin de procéder à des travaux d'expertise concernant le trou qui s'est formé dans la cour d'une résidence de la rue College.

Trou rue College : une ancienne mine est bien en-dessous

Le trou qui s'est formé dans la cour d'une résidence de la rue College, lundi soir, est bel et bien relié à une mine désaffectée.
Le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke et coordonnateur des mesures d'urgence, Stéphane Simoneau (à droite), a confirmé que le trou de la rue College est relié à une mine. Il était accompagné d'un conseiller de la Sécurité publique, Hugues Daveluy.
C'est ce qu'a confirmé Stéphane Simoneau, directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke et coordonnateur des mesures d'urgence lors d'un point de presse tenu mercredi sur la propriété de la rue College, située presque à mi-chemin entre le centre-ville de Lennoxville et la rue Belvédère Sud.
M. Simoneau dit avoir obtenu la confirmation du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles à l'effet qu'une mine a déjà été en exploitation à l'endroit où la terre s'est affaissée.
De quelle dimension était cette mine? Que contenait-elle? Y a-t-il d'autres risques d'affaissement dans le secteur?
Sans pouvoir répondre à toutes ces questions, le directeur Simoneau a néanmoins tenté de se faire rassurant en affirmant que même si le trou en question est à première vue « impressionnant », il s'agit d'abord et avant tout d'un phénomène « localisé » et « circonstanciel », a-t-il répété.
« C'est inquiétant oui, mais on ne parle pas de sites de grande envergure, a précisé M. Simoneau. On ne parle pas ici de cavités qui s'étendent sur des kilomètres sous nos pieds. On parle de plusieurs petites mines qui, au fil des ans dans l'histoire, ont été exploitées de façon très circonstancielle et très localisée. Des fois, c'est quelques mètres, d'autres fois c'est quelques centaines de mètres. Mais on ne parle pas de mines de grandes étendues », a-t-il avancé.
Accès à la mine?
À la demande de la Sécurité publique, des géologues spécialisés dans la mécanique des roches du ministère des Transports du Québec étaient à pied d'oeuvre mercredi afin de procéder à des travaux d'expertise.
« Est-ce qu'il s'agit d'un accès à la mine? Est-ce que c'est un couloir ou un effondrement? Ce sont des hypothèses qui seront confirmées par les travaux du Ministère. » Ce sont ces mêmes travaux qui permettront d'identifier à quelle mine désaffectée le trou est relié.
M. Simoneau a rappelé que plusieurs mines ont été en exploitation dans le secteur au cours des 19e et 20e siècles, ce qui rend l'identification plus difficile. « À l'époque, un simple trou pouvait être appelé une mine. Plusieurs sont répertoriés, mais plusieurs ne le sont pas (...). Les cartes qu'on a sont souvent de simples dessins faits sur le coin d'une table à l'époque sans aucune référence pouvant permettre de la géolocaliser. »
L'embouchure du trou, qui fait environ quatre mètres sur quatre mètres, permet d'entrevoir une nappe d'eau dont la surface se trouve à environ trois mètres du sol. Une poutre de bois comme on en trouvait dans les mines de l'époque a aussi été identifiée.
Selon le directeur Simoneau, les travaux menés jusqu'à présent ne commandent pas l'évacuation des résidants du secteur. À la demande des résidants, le directeur Simoneau a demandé aux médias de ne pas solliciter d'entrevues auprès du voisinage.