Trois ans de prison pour un père abuseur

Un père abuseur de Stanstead prendra le chemin de la prison pour trois ans au début du mois de février.
Une peine de détention pour ce père de famille aux moeurs douteuses qui laisse cependant des cicatrices à long terme sur ses trois victimes avec lesquelles il était en autorité.
L'individu, qui a reconnu ses torts en septembre 2016 pour des épisodes de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur trois mineurs, dont sa propre fille, a subi les observations sur la peine dans son dossier, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.
Les avocats au dossier, Me Maxime Bernatchez en défense et Me Marie-Line Ducharme pour le ministère public, se sont entendus sur une suggestion commune de trois ans de pénitencier à imposer à ce père abuseur.
La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a accepté de rendre sa décision le 3 février prochain pour des raisons humanitaires.
L'individu de 54 ans de Stanstead, pour lequel une ordonnance du tribunal empêche de révéler l'identité pour protéger celle des victimes, a reconnu quatre chefs d'accusation de nature sexuelle entre 1996 et 2005.
Les trois victimes ont livré des témoignages de ces gestes sordides à la juge dans le cadre des observations sur la peine qui se déroulaient, mardi.
L'accusé a reconnu avoir fait une fellation au fils de sa conjointe alors que celui-ci avait environ sept ans. Le père abuseur est allé dans sa chambre pour commettre ces gestes sexuels. Il a aussi invité ce même enfant à venir le rejoindre dans son lit lors d'ébats sexuels dans le cadre d'un « trip à 3 », alors que l'enfant avait environ douze ans.
«J'ai peur d'être comme lui et de reproduire les gestes qu'il m'a fait subir. Je n'ai jamais réalisé l'impact de ces gestes jusqu'à ce que ma soeur me confie ce qu'elle avait vécu. J'ai de la difficulté à parler de mes émotions et à gérer ma colère», a expliqué au tribunal la victime masculine de ce père abuseur.
Il estime que le processus judiciaire lui a permis d'enlever un poids sur ses épaules.
«C'est le plus grand soulagement qu'une victime peut avoir. C'est un soulagement de se confier à un juge devant l'accusé», estime cette victime.
L'accusé a aussi reconnu avoir incité sa propre fille à des contacts sexuels alors qu'elle avait environ trois ans. Le père abuseur a invité l'enfant à venir jouer avec lui et sa conjointe. Il a alors demandé à cette dernière de lui faire une fellation sous le regard de la fillette pour qu'elle reproduise ensuite les mêmes gestes.
«J'ai perdu l'innocence de mon enfance à travers ces gestes. Ils sont restés marqués. J'ai toujours eu de la difficulté à exprimer mes émotions. J'ai senti un vide intérieur lors de mon adolescence. J'ai consulté un psychologue pendant 14 ans pour réapprendre à aimer la vie. Je m'en suis voulu jusqu'à ce que je réalise que ce que j'avais vécu n'était pas de ma faute», explique la fille biologique du père abuseur.
Dans un contexte tout aussi malsain alors qu'il consommait cocaïne et crack, le père a demandé à sa fille adoptive de lui faire des fellations. Ces épisodes se sont déroulés en l'absence de la mère.
«C'est un cauchemar pour moi chaque soir. J'ai de la difficulté à dormir. J'ai toujours eu de la difficulté à faire confiance aux hommes. L'anxiété et la dépression sont encore présentes», explique cette troisième victime.
La juge Desgens a souligné le courage des trois victimes d'avoir dénoncé les gestes qu'elles ont subis.