L’entente entre le SPS et le CIUSSS survient dans le contexte des « partys » improvisés à Sherbrooke, où du recrutement de jeunes filles à des fins de prostitution a été remarqué.

Travail d’équipe contre les proxénètes entre le SPS et le CIUSSS

Le Service de police de Sherbrooke (SPS) et le CIUSSS de l’Estrie en sont venus à une entente pour échanger des informations pour faciliter les interventions relatives au phénomène des gangs criminalisés. L’un des objectifs consistera à arrêter plus rapidement des proxénètes.

Cette entente, semblable à celles existantes à Montréal et Longueuil, survient dans le contexte des « partys » improvisés à Sherbrooke où du recrutement de jeunes filles à des fins de prostitution, notamment par des membres de gangs criminalisés, a été remarqué. Le directeur du SPS, Danny McConnell, prévient toutefois que cette entente survient en prévision de problèmes potentiels.

« Je ne suis pas en train de dire qu’il y a des gangs de rue à Sherbrooke. Je ne dis pas que les Hells Angels sont établis sur notre territoire. Par contre, en prévention et dans l’éventualité d’une recrudescence potentielle, le SPS a voulu être proactif avec le CIUSSS et le Centre de protection de l’enfance et de la jeunesse (CPEJ). »

Les jeunes filles concernées seraient, pour la plupart, connues par le CPEJ du CIUSSS de l’Estrie, mais l’échange de renseignements pertinents avec le SPS est parfois contraint par un ensemble de lois et règlements qui protègent les renseignements personnels et encadrent leur communication, lit-on dans le sommaire décisionnel de la Ville. 

« Cet échange d’information nous permettrait l’arrestation de proxénètes qui opèrent dans ces gangs-là. Il était impossible de divulguer certaines informations, nominatives par exemple, ce qui fait que nous n’étions pas proactifs dans la prévention de la prostitution. On parle des modus operandi, des noms et à la limite des individus potentiels qui faisaient le recrutement et qui correspondent aux informations que nous avons. Ça nous permet de corroborer certaines informations et de procéder rapidement à des arrestations », dit M. McConnell.

Les informations pourront être transmises avec ou sans le consentement des jeunes filles, selon le cas. « Parfois, il n’est pas nécessaire que la jeune victime soit au courant, pour sa propre protection. »

Les informations obtenues par le SPS, grâce au CPEJ, ne pourront pas être utilisées après l’arrestation du proxénète. « Ces renseignements nous seront transmis dans des dossiers très précis. »

Accalmie

Danny McConnell mentionne qu’il y a une grande accalmie dans le phénomène des « partys » improvisés depuis les interventions du SPS. Des enquêteurs sont d’ailleurs spécialisés pour bien comprendre le phénomène de la prostitution et pour l’encadrer. « Le but n’est pas de l’arrêter. Nous n’arriverons jamais à l’arrêter. C’est quelque chose qui se produit par choix. Par contre, notre travail est de procéder aux arrestations des proxénètes. »

L’entente aura une durée de cinq ans et sera renouvelable toutes les années.