Alain Richer

Transport Canada s’intéressait de près au convoi de la tragédie

Transport Canada avait noté une progression importante de la qualité des wagons qui transportaient du pétrole brut lors de l’inspection précédant la tragédie de Lac-Mégantic.

L’inspecteur du matériel roulant pour Transport Canada Alain Richer a été appelé à la barre au 15e jour du procès de trois anciens employés de la MMA au palais de justice de Sherbrooke.

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Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite du déraillement ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.
C’est dans le cadre d’une tournée de vérification aléatoire des compagnies ferroviaires que Alain Richer a inspecté le « fameux » train d’huile, selon ses propres termes en qualifiant le convoi impliqué dans la tragédie de Lac-Mégantic, le matin du 5 juillet 2013.
Il a expliqué avoir « marché » le convoi d’un bout à l’autre en regardant les côtés, les bouts et sous les wagons pour détecter s’il n’y avait rien d’anormal sur les wagons-citernes.
Il n’a inspecté qu’un côté du convoi, mais a mentionné qu’il avait tout de même une vue sur l’autre côté des wagons.
Les roues, le système de freinage et les appareils de sécurité ont été vérifiés.
« La plupart des wagons étaient récents soit 2012 et 2013. Les plus vieux pouvaient dater de 2009 ou 2010 », a indiqué M. Richer qui a mentionné qu’il se fiait au placard du wagon pour identifier la substance qui y était contenue.
Il a mentionné que Transport Canada ne s’intéressait pas au contenu, mais au contenant des 73 wagons qui ont été vérifiés la veille de la tragédie de Lac-Mégantic.
Alain Richer, qui était l’un des trois inspecteurs du matériel roulant pour Transport Canada au Québec, a détecté deux défectuosités mineures sur deux wagons le 5 juillet 2013.


J’avais noté une progression de la qualité de l’équipement.
Alain Richer

Il a témoigné qu’il avait un intérêt particulier sur la qualité des wagons qui transportaient entièrement du pétrole brut comme celui du 5 juillet 2013.
« C’était la quatrième fois le 5 juillet que je réussissais à inspecter ce type de convoi. J’avais noté une progression de la qualité de l’équipement. MMA n’avait pas la responsabilité réglementaire de faire l’inspection mécanique de ces wagons (…) Le train du 5 juillet avait déjà été inspecté dans la nuit d’avant par le CP (Canadien Pacifique) », signale Alain Richer.

Au matin du 5 juillet à Farnham, il ne savait pas qu’un train d’huile y était garé. C’est Jean Demaître qui l’a informé.
« J’ai vu une opportunité d’inspecter le train et de voir si le CP avait amélioré la qualité de l’inspection (…) C’était un nouveau type de convoi. Les wagons provenaient du Dakota et descendaient à travers le CP jusqu’à MMA qui les amenait plus loin. La première inspection de ce type de convoi que j’ai eu à effectuer était au CP à Montréal où j’avais trouvé plusieurs défectuosités. J’avais envoyé des copies à Ottawa et à des collègues du Federal Railroad Administration aux États-Unis », a expliqué M. Richer.

Yves Gendreau

Yves Gendreau
L’inspecteur ferroviaire de la MMA Yves Gendreau a complété son témoignage, jeudi, au procès devant jury de ses trois anciens collègues de travail.
En fin de contre-interrogatoire, il a témoigné que Richard Labrie privilégiait la sécurité et que Thomas Harding était un très bon mécanicien de locomotive.
Le témoin, qui avait travaillé comme chef de train aux côtés du mécanicien de locomotive Thomas Harding, considère que ce dernier vérifiait tout sur son train.
Il a établi les principales distinctions entre un chef de locomotive et un contrôleur de la circulation ferroviaire (CCF), poste occupé par Richard Labrie lors de la tragédie de Lac-Mégantic.
Il a convenu que le CCF avait une connaissance plus poussée de la réglementation ferroviaire.
« C’est effectivement la personne ressource », a indiqué Yves Gendreau qui confirme que Richard Labrie était le seul à occuper les fonctions de CCF et de mécanicien de locomotive ce qui en faisait un avantage.
Le procès présidé par le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure se poursuit lundi prochain.