Les motoneiges qui ont été englouties dans le lac Magog samedi soir ont toutes été retirées des eaux lundi.
Les motoneiges qui ont été englouties dans le lac Magog samedi soir ont toutes été retirées des eaux lundi.

Tragédie évitée au lac Magog: «Je suis en état de choc» [VIDÉO]

Les membres du groupe de motoneigistes qui ont vu leur promenade tourner au cauchemar samedi, au lac Magog, se souviendront longtemps des événements survenus ce soir-là. « J’ai eu la chienne de ma vie. Je suis en état de choc. Je vois juste ces images-là dans ma tête », reconnaît l’un d’eux, Keven Gagnon.

Le groupe de motoneigistes s’est aventuré sur le lac Magog samedi en soirée. Six membres du groupe ont plongé à l’eau avec leur motoneige. Keven Gagnon fait partie de ceux qui ont déployé des efforts pour éviter que cette soirée entre amis se termine par une mort par noyade ou hypothermie.

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« J’ai entendu les cris et vu ce qui arrivait à mes amis en avant. Ceux qui étaient encore sur la glace me disaient de ne pas m’aventurer plus loin, mais je suis allé prendre une corde et un outil pouvant m’aider à intervenir. J’ai rampé sur la glace pour ne pas qu’elle cède. Et j’ai réussi à lancer la corde à un des gars dans l’eau », raconte-t-il.

Keven Gagnon s’est senti un peu coupable après la mésaventure de ses amis sur le lac Magog.

Mais l’opération de sauvetage entreprise par Keven Gagnon n’était pas terminée parce qu’il fallait encore ramener le motoneigiste qui était dans l’eau sur la glace. « Il essayait de remonter sur la glace, mais elle brisait tout le temps. Il a fallu que je tire sur à peu près 20 pieds pour qu’enfin ça marche. »

Keven Gagnon assumait le rôle de leader du groupe samedi. Il admet avoir vécu un sentiment de culpabilité dans les heures qui ont suivi les événements. Mais il considère que certains membres du groupe n’ont pas suivi les consignes et ont fait preuve de témérité.

« Avant que tout ça arrive, on s’était dirigé vers une cabane de pêche sur le lac. Ça nous a fait dévier de la route normale. Mais, à la cabane, je leur avais dit de se calmer et d’attendre avant de partir. J’étais en train de manger une saucisse quand je me suis aperçu que certains quittaient. J’ai mis ça au fond pour aller les rejoindre. Malheureusement, il était trop tard », explique Keven Gagnon.

Celui-ci admet que certains des membres du groupe avaient consommé de l’alcool samedi soir. « Mais seulement une ou deux bières. Personne n’était saoul. Je ne fais pas de motoneige avec des gens qui se soûlent », assure-t-il.

Maxime Dubé a passé vingt minutes dans l’eau glacée du lac Magog avant d’être secouru.

20 minutes dans l’eau

De tous les membres du groupe, le plus chanceux aura certainement été Maxime Dubé. Il serait demeuré au moins 20 minutes dans l’eau glaciale du lac Magog. Il a été transporté à l’hôpital le soir des événements, mais en est ressorti au bout de quelques heures seulement.

« On ne roulait pas très vite, environ 60 à 70 kilomètres à l’heure je dirais. Puis, à un moment donné, j’ai vu que la glace était plus mince par endroits alors j’ai accéléré pour ne pas me retrouver mal pris. Mais en avant il n’y avait plus de glace du tout. Je suis tombé dans l’eau », raconte Maxime Dubé.

Ce dernier reconnaît avoir été « chanceux » samedi soir. Cela dit, lorsqu’on lui demande s’il sera plus prudent dans le futur, il dit oui du bout des lèvres. « On est conscient du danger quand on embarque sur un lac et on est déjà prudent. D’ailleurs, on ne joue pas sur les lacs d’habitude. On a dévié de notre trajectoire ce soir-là. Probablement que la noirceur n’a pas aidé. »

Lorsqu’il a plongé dans l’eau, Maxime Dubé a dû nager pour demeurer à la surface. Toutefois, après un certain temps, il s’est retrouvé dans une zone moins profonde du lac, ce qui lui a permis de ménager un peu ses forces, car il pouvait enfin avancer parce que ses pieds touchaient le fond. « J’ai fini par revenir à un endroit où il y avait de la glace et j’ai monté une partie de mon corps dessus. J’ai été secouru après », se souvient-il.

Les motoneiges qui ont été englouties dans le lac Magog samedi soir ont toutes été retirées des eaux lundi.

Une « phobie »

Parmi tous les membres du groupe, Marie Labranche-Montion paraît être la plus ébranlée, et ce, même si elle n’a pas plongé dans le lac Magog samedi. « Ma phobie, c’est les lacs. Je venais de le dire que je détestais ça avant qu’on parte », a-t-elle confié à La Tribune.

Marie Labranche-Montion a d’ailleurs retenu des leçons claires de la soirée de samedi. « Il ne faut pas partir en étant pressé dans ce genre de situation. Et c’est important de rester derrière celui qui connaît vraiment l’endroit », estime-t-elle.

Bien que sa motoneige n’a pas sombré, la jeune femme s’est retrouvée en fâcheuse position. « Il n’y avait qu’un pouce de glace en dessous de moi quand j’ai arrêté mon moteur. La surface glacée cassait. J’ai débarqué et je me suis éloignée. J’entendais mes amis qui criaient au loin. »

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Les motoneiges qui ont été englouties dans le lac Magog samedi soir ont toutes été retirées des eaux lundi.

Les six motoneiges repêchées

Une « grosse opération » s’est déroulée au lac Magog, lundi, pour sortir les six motoneiges qui avaient coulé dans ce plan d’eau, samedi soir, lors d’une promenade entre amis qui a mal tourné.

Remorquage Orford a mis plusieurs heures pour retirer les motoneiges de l’eau, et ce, bien que celles-ci se trouvaient dans une portion du lac relativement peu profonde.

« Toutes les motoneiges étaient dans 10 pieds d’eau ou moins. Ce n’était pas très creux. Malgré tout, il a fallu qu’on travaille avec des plongeurs pour les repérer et qu’on utilise une barge pour les remonter à la surface. »

Pour réaliser le travail de repêchage, Remorquage Orford a créé une large ouverture dans la glace. Cette ouverture a notamment permis à la barge de transporter les engins en direction du rivage. Un véhicule tout terrain a aussi été utilisé pour effectuer du remorquage sur une courte distance près de la rive.

Selon les informations obtenues, l’opération réalisée a coûté plus de 10 000 $. Ce montant peut paraître élevé, mais il faut savoir que Remorquage Orford a dû faire appel à des sous-traitants pour effectuer une partie du travail.

« C’est beaucoup de gestion et de temps, une opération comme ça. Il y a aussi la sécurité à gérer. On est brûlé. Ça fait depuis dimanche à 8 h qu’on travaille là-dessus », a confié Nicholas Dostie, copropriétaire de l’entreprise.

Aucune fuite de carburant n’aurait été constatée pendant toute la durée de l’opération. Les motoneiges étaient d’ailleurs « intactes » en apparence à leur sortie de l’eau. Cependant, elles seraient considérées comme des pertes totales, d’après M. Dostie.

Tous les motoneigistes impliqués dans les événements de samedi soir, au lac Magog, possédaient vraisemblablement des assurances. Ils ne devraient donc pas assumer seuls le coût de l’opération de repêchage et obtenir un dédommagement pour les dommages subis par la motoneige.