Frédérick-Alexandre Green a soutenu devant le juge qu’il vendait des stupéfiant sans avoir de comptes à rendre à personne. Ce qui a fait bondir le juge, qui lui a rappelé qu’il était sous serment.

Trafic de drogue : le juge exige la vérité

« Je ne demande pas de nom. Je vous demande la vérité. »

Le trafiquant de drogue dure Frédérick-Alexandre Green a appris qu’on ne sert pas de demi-vérité au juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec, qui insistait pour savoir qui supervisait l’entreprise de vente de crack et de speed reconnue par l’accusé.

Green subissait les observations sur la peine dans son dossier, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

Malgré les six mois qui se sont écoulés depuis son plaidoyer de culpabilité, l’individu de 36 ans se trouve devant une inévitable détention pour le trafic de stupéfiants dont il est à l’origine.

Par la voix de son avocat, Me Christian Raymond, il réclame une peine de détention de 90 jours à purger les fins de semaine. Le ministère public plaide pour une peine de 16 mois de prison fermes.

Green a dû justifier sa réhabilitation, mais surtout le trafic qu’il a reconnu en décembre 2017 devant le juge Chapdelaine.

Green a reconnu avoir fait le trafic de stupéfiants entre le 1er décembre 2016 et le 2 mai 2017.

Le jour de son arrestation, Frédérick-Alexandre Green a été intercepté alors qu’il effectuait une transaction à partir du véhicule qu’il louait.

La procureure aux poursuites criminelles, Me Laïla Belgharras explique que la particularité de ce dossier demeure que le trafiquant de drogue utilisait des véhicules loués, ce qui le rendait plus difficilement identifiable pour la filature.

Après l’arrestation du suspect, les policiers ont noté que deux des cinq cellulaires saisis sonnaient constamment.

« Selon les enquêteurs, certains numéros de téléphone correspondaient à des runs de crack importantes », a expliqué au tribunal Me Belgharras.

Depuis son plaidoyer de culpabilité, Green a complété avec succès une thérapie de quatre mois.

« En thérapie, j’ai vu la gravité que ça peut causer à la société et aux familles. La vente de stupéfiants servait à ma consommation. Je me procurais la drogue à un revendeur à l’once que je vendais à des clients avec qui je consommais. J’ai bâti ça avec les consommateurs autour de moi. Je n’avais pas de superviseur », a d’abord été expliqué Green.

« Dangereux pour moi »

C’est cette dernière affirmation qui a fait bondir le juge Chapdelaine.

« Je vais vous donner une chance de vous reprendre. Je ne vous crois pas quand vous dites qu’il n’y a personne qui supervisait votre vente de stupéfiants. Je vous rappelle que vous êtes sous serment », a souligné le juge.

« C’est dangereux pour moi », a tenté l’accusé.

Green a alors précisé sur son mode de vie de trafiquant de drogue dure.

« On te donne le téléphone et des noms et tu pars livrer la drogue. Le véhicule était loué à la journée. Tu redonnes la caisse à la fin de la journée pour que ça balance kif-kif. J’avais ainsi ma drogue », a expliqué Frédérick-Alexandre Green qui a mentionné avoir fait le trafic pendant trois mois.

Green n’a pu donner de détail sur une possible dette qu’il garderait envers son fournisseur à la suite de l’importante quantité de stupéfiants qui a été saisie chez lui.

Lors de son arrestation en mai 2017, Green avait en sa possession 16,70 grammes de cocaïne divisés en 77 sachets prêts à la revente, 730 comprimés de méthamphétamine, 18 grammes de cannabis de même que 890 $ en argent.

Me Christian Raymond a plaidé que Green s’est repris en main.

« Il a fait plus de 700 heures de travaux communautaires pour retourner travailler. Je vous demande d’individualiser la peine à la personne qui s’est relevé les manches, qui était un consommateur et qui vendait pour avoir sa consommation », a mentionné Me Raymond qui estime que son client pourrait être plus utile à la société s’il donnait des conférences dans les écoles lors de 240 heures de travaux communautaires qui s’ajouteraient à la peine de 90 jours.

Me Belgharras a plaidé la quantité et la nature des drogues saisies comme facteurs aggravants.

« Le rapport présentenciel note un risque de récidive probable. Il possède des antécédents judiciaires. Je trouve qu’il a tendance à minimiser ses gestes », estime Me Belgharras qui propose une peine de 16 mois en tenant compte de la thérapie effectuée.

Le juge Chapdelaine a pris la cause en délibéré et imposera la peine le 21 août