L’inspecteur ferroviaire Yves Gendreau poursuivait son témoignage, mercredi.

Tous les wagons du convoi avaient été inspectés la veille

Les employés de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) étaient vraisemblablement peu favorables à ce que les trains soient opérés par un seul mécanicien de locomotive.

L’inspecteur ferroviaire Yves Gendreau poursuivait son témoignage, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke au procès devant jury de trois de ses anciens collègues de travail.

Les trois ex-employés de la MMA, Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite du déraillement ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Yves Gendreau a expliqué en contre-interrogatoire qu’il ne connaissait personne dans son entourage à la MMA «qui était favorable à ça» la mise en place d’un conducteur unique de locomotive, connu dans le vocable ferroviaire comme «one man crew».

Aucune défectuosité

L’inspecteur ferroviaire de la MMA a répété qu’il n’avait décelé aucune défectuosité sur la locomotive 5017 au matin de la tragédie de Lac-Mégantic, mais aussi que personne ne l’avait informé qu’elle pourrait avoir un problème.

« Je n’ai jamais été mis au courant de problèmes par qui que ce soit sur la 5017 ou toute autre locomotive ce jour-là », assure Yves Gendreau.

Ce dernier avait inspecté la locomotive 5017.

« Je n’ai pas eu à faire de réparation sur la locomotive 5017 », a témoigné Yves Gendreau.

Il a témoigné avoir mis la locomotive en fonction pour vérifier s’il n’y avait pas de fuite d’huile, d’air et la course des pistons.

Yves Gendreau a témoigné avoir inspecté les wagons du convoi avec l’inspecteur de Transport Canada qui s’était déplacé à Farnham le 5 juillet 2013. « Je n’avais pas beaucoup d’expérience. C’était un bon moment pour parler avec lui afin de savoir quelles pièces il fallait vérifier en particulier et les problématiques sur les différents types de wagons », a indiqué M. Gendreau.

Le témoin soutient que l’inspecteur de Transport Canada avait vérifié les wagons dans leur ensemble.

«Je ne me souviens pas d’avoir fait les tests de frein sur les wagons», a témoigné Yves Gendreau.

Pour donner son accord au départ du train, des vérifications du formulaire du convoi, de la locomotive, des wagons et des freins devaient être faites.

«Quand un train de fuel arrivait à Farnham, je m’informais s’il avait été inspecté à Côte-Saint-Luc ou si je devais l’inspecter (...) Une fois que le CCF a reçu mes papiers et ceux du CP, s’il y a lieu, il pouvait partir», a expliqué Yves Gendreau.

Il s’est aussi rappelé en contre-interrogatoire qu’un dénommé Steve Jacques était le contrôleur de la circulation ferroviaire (CCF) le 5 juillet 2014 lorsque Thomas Harding est parti de Farnham avec le convoi vers 13 h 30.

Une fois le convoi en route, il se devait de réaliser une inspection visuelle et auditive du convoi. Pour le train du 5 juillet 2013, il n’a rien decellé d’anormal.

Mémoire

Interrogé sur ses souvenirs du 5 juillet 2013 par Me Guy Poupart, l’avocat de Richard Labrie, le témoin a mentionné qu’il avait besoin d’écouter les bandes audio et de lire sa déclaration faite aux policiers le 20 juillet 2013 pour se remémorer cette journée avant la tragédie.

«Pour certaines choses, j’ai eu besoin d’aide pour me souvenir ce qui s’est passé cette journée-là», a signalé Yves Gendreau qui ne se souvient ni avoir vu Richard Labrie sur les lieux de travail le 4 ou le 5 juillet 2013 ni d’avoir quitté le travail lors de cette journée.