Le restaurant Le Tapageur du centre-ville conteste la poursuite entreprise contre lui.

Tartare de saumon: le Tapageur allègue ne pas avoir de faute

Les administrateurs du restaurant Le Tapageur allèguent n'avoir commis aucune faute relativement à l'affaire où un tartare de saumon a été servi à un client qui en est allergique.
Un client de l'endroit, Simon-Pierre Canuel, a fait une grave réaction après s'être fait servir un tartare de saumon alors qu'il était allergique en mai 2016.
Ce dernier a entrepris une poursuite civile contre le restaurant du centre-ville de Sherbrooke, ses administrateurs et le serveur où il réclame plus d'un demi-million $.
Le dossier était de retour, lundi, devant le juge François Tôth de la Cour supérieure au palais de justice de Sherbrooke.
Le juge a déterminé que le procès dans cette affaire se déroulera d'un seul trait, sans que l'instance soit scindée.
« Pour nous, la faute c'est d'avoir servi le mauvais tartare. Il y a cependant des versions contradictoires dans le dossier», a expliqué au tribunal Me Vanessa Lafleur, qui représente Simon-Pierre Canuel dans cette poursuite civile.
L'avocate du Tapageur et de son assureur, Me Marika Douville, a expliqué au tribunal que sur la centaine d'allégations contenues dans la requête introductive d'instance de la poursuite, la défense en conteste plus d'une vingtaine.
Sans entrer dans les fins détails, l'avocate qui représente Le Tapageur a souligné que le client impliqué dans cette affaire n'aurait pas rapporté son allergie au serveur le soir des événements.
Le plat qui lui a été servi serait celui qui aurait été commandé et qui apparaît sur la facture, soit un tartare de saumon.
Le défendeur souhaite soulever que le demandeur a fait preuve de négligence en mangeant du tartare de saumon alors qu'il était allergique et qu'il a commis une faute de ne pas avoir gardé avec lui son Épi-Pen alors qu'il souffrait d'une allergie sévère.
Me Douville entend aussi soulever que le serveur du Tapageur n'a pas commis de faute dans le cadre de son travail, le soir des événements et que les administrateurs n'ont pas commis de faute dans la gestion de leur personnel ou la tenue des équipements.
« Il est important pour mes clients d'avoir une défense pleine et entière. Ils souhaitent faire valoir leurs arguments relatifs à l'absence de faute et de lien de cause à effet » a signalé au tribunal, Me Douville.
Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait décidé en septembre 2016 de ne pas porter d'accusation de négligence criminelle contre le serveur du restaurant le Tapageur de Sherbrooke qui était ciblé dans une enquête policière.
La victime soutient dans la poursuite avoir subi de nombreuses conséquences du choc anaphylactique après avoir avalé une bouchée de tartare de saumon auquel il était allergique.
Problèmes respiratoires, arrêt cardiaque, coma de deux jours, intubation pour permettre la ventilation des poumons et hospitalisation pendant deux semaines aux soins intensifs sont décrits comme conséquences dans la demande introductive.
De nombreux experts devraient être entendus lors du procès.