Simon-Pierre Canuel, un client du Bistro Le Tapageur qui a fait une grave réaction allergique après s'être fait servir un tartare de saumon, poursuit l'établissement du centre-ville, ses administrateurs et le serveur pour la somme de 515 000 $.

Tartare de saumon: le client allergique poursuit Le Tapageur

Simon-Pierre Canuel, qui a fait une grave réaction après s'être fait servir un tartare de saumon alors qu'il était allergique, poursuit le Bistro Le Tapageur du centre-ville de Sherbrooke, ses administrateurs et le serveur pour au plus 515 000 $.
Dans la demande introductive d'instance que La Tribune a obtenue en exclusivité, la victime réclame au plus 490 000 $ pour lui et 25 000 $ pour les dommages subis par son conjoint lors de cet incident du 29 mai 2016.
Si le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait décidé en septembre dernier de ne pas porter d'accusation de négligence criminelle contre le serveur du restaurant le Tapageur de Sherbrooke qui était ciblé dans une enquête policière, Simon-Pierre Canuel a déposé une poursuite civile cette semaine au palais de justice de Sherbrooke.
Simon-Pierre Canuel soutient que la consommation d'une rasade de pastis, une liqueur à saveur de réglisse noire, explique le fait qu'il n'a pas immédiatement détecté l'odeur du tartare qui lui a été servi par erreur avant d'en prendre une bouchée.
Il soutient dans la poursuite avoir subi de nombreuses conséquences du choc anaphylactique après avoir avalé une bouchée de tartare de saumon auquel il était allergique.
Problèmes respiratoires, arrêt cardiaque, coma de deux jours, intubation pour permettre la ventilation des poumons et hospitalisation pendant deux semaines aux soins intensifs sont décrits comme conséquences dans la demande introductive.
« Le demandeur a vu son intégrité physique mise en péril, de même que sa vie, par la négligence des défendeurs », signale l'avocat de Simon-Pierre Canuel, Me François Daigle dans la poursuite civile.
La victime de cette affaire affirme subir plusieurs séquelles psychologiques de cet événement.
Il allègue subir des crises d'angoisse, éprouver des troubles de sommeil, avoir développé une phobie reliée à la nourriture, s'être isolé pour éviter des situations qui lui rappellent cet incident et vivre des colères spontanées.
Simon-Pierre Canuel doit prendre des antidépresseurs et antipsychotiques à la suite de ce choc anaphylactique.
En novembre dernier, la victime aurait attenté à sa vie « en raison des conséquences reliées à cet incident ».
L'avocat de Simon-Pierre Canuel soutient dans la poursuite que le serveur du Tapageur a « fait preuve de négligence dans l'exercice de ses fonctions » notamment parce qu'il « n'a pas considéré avec le sérieux nécessaire l'état du demandeur » qui l'avait averti de ses allergies avant de commander. 
La consommation de boissons alcooliques du serveur avec d'autres clients du restaurant est reprochée tant au serveur qu'aux administrateurs du Tapageur. 
Un reproche est aussi adressé au Bistro Le Tapageur pour ne pas avoir eu en sa possession un auto-injecteur de type Épi-Pen ainsi qu'un défibrillateur.
Me François Daigle demande au tribunal de déclarer « une erreur assimilable à une faute intentionnelle » le comportement du serveur dans la prise de la commande et dans la consommation de boisson alcoolique au travail ainsi que le fait de tolérer ce comportement pour le Tapageur.
Un montant de 25 000 $ est réclamé par le conjoint de Simon-Pierre Canuel pour les désagréments subis à la suite de l'incapacité physique et psychologique de ce dernier découlant de cet événement.
Les parties doivent comparaître en Cour supérieure le 30 janvier 2017 dans cette affaire.