Selon Danny McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke, le seul objectif des quotas est d’améliorer la sécurité routière.

SPS : les quotas de contraventions sont là pour rester

La Ville de Sherbrooke n’a pas l’intention d’imiter Montréal et d’abolir les quotas de contraventions. Pour le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Danny McConnell, il s’agit d’un indicateur de performance très utile pour la protection des citoyens.

« On peut appeler ça un quota ou un objectif, mais je préfère parler d’une prestation de travail. Un certain nombre de contraventions est exigé de nos policiers parce que ça fait partie de leur travail », résume M. McConnell.

Pour les patrouilleurs, la prestation de travail est fixée à une contravention par jour. Pour l’unité de circulation de jour, celle qui se promène à moto l’été, l’objectif est plutôt d’un constat et demi à l’heure. L’unité spéciale de soir a un objectif semblable.

Dans un article de La Presse Canadienne, on rapporte les propos du président du syndicat des policiers de Montréal Yves Francoeur. Il affirmait en 2014 que « des policiers se faisaient dire certains jours de faire fi de la majorité des appels, sauf les plus urgents, pour s’attarder à la remise de contraventions ».

Le directeur du SPS n’accrédite pas cette façon de faire et parle des six indicateurs de performance pour ses policiers. « J’ai lu quelque part qu’à Montréal, on ne répondait pas à des appels de citoyens pour être en mesure de respecter les quotas. Je ne sais pas si c’est vrai, mais ici, on ne fait pas ça. Nous tenons compte du nombre de rapports que peuvent remplir nos agents, du nombre d’interventions pour les capacités affaiblies, du nombre d’appels auxquels on répond, du nombre d’arrestations, du nombre de constats et du nombre de plaintes en évaluation. »

Les quotas sont donc fixés selon les capacités des policiers à faire leur travail. « Une contravention à l’heure, ça peut sembler petit, mais il faut parfois faire remorquer la voiture ou procéder à différentes vérifications... »


Danny McConnell

Selon Danny McConnell, le seul objectif des quotas est d’améliorer la sécurité routière à Sherbrooke. « Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça roule pas mal moins vite dans les rues. Nous visons toujours à réduire le nombre d’accidents avec blessés ou avec dégâts matériels. En moyenne, nous distribuons 31 000 constats par année. »

En matière de revenus, les contraventions attribuées pour des infractions au code de la sécurité routière permettent d’engranger environ 4 M$. « Nous n’avons jamais eu de demandes de la Ville de donner plus de contraventions pour augmenter les revenus. Je n’ai pas cette pression. La planification financière est basée sur la moyenne des années précédentes. »

Enfin, M. McConnell assure que le SPS ne dresse pas de pièges pour coincer plus facilement les automobilistes. Les « trappes à tickets » n’existent pas. « Nous faisons des opérations là où il y a des plaintes ou des risques d’accident. Nous nous rendons là où c’est nécessaire pour assurer la sécurité des utilisateurs de la route. »