La Magogoise Sandra Bergeron et son chien d'assistance, Chase.

Son chien d'assistance lui attire des ennuis

MAGOG - Les chiens d'assistance peuvent jouer un grand rôle auprès de personnes handicapées ou souffrant de problèmes divers. Mais il n'est pas toujours simple, pour ces gens, de dénicher un endroit où vivre avec leur animal. La Magogoise Sandra Bergeron est à même de le constater.

Mme Bergeron souffre d'un choc post-traumatique. Consciente de son état, son médecin lui a prescrit de se procurer un chien d'assistance, vraisemblablement afin que l'animal la soutienne dans l'épreuve qu'elle traverse.

La Magogoise a entrepris de dresser elle-même une bête pour qu'elle lui apporte le soutien dont elle a besoin. Elle semble avoir fait du bon boulot en matière de dressage, mais elle s'est attiré des problèmes de nature locative. En effet, les propriétaires de l'immeuble dans lequel elle habite, Jean-Philippe Langlois et Joane Leblanc, lui ont montré la porte pour non-respect des clauses de son bail.

« Dans son bail, il est écrit qu'elle n'a pas le droit d'avoir un chien dans son appartement, souligne M. Langlois. Il y a eu deux fins de bail depuis qu'on l'a avertie du problème et elle n'a pas voulu quitter par elle-même. On a donc pris les moyens pour qu'elle respecte les règles. »

Pour que la situation se règle enfin, celui-ci s'est adressé à la Régie du logement. Sa démarche a conduit Sandra Bergeron à accepter de partir en mai prochain. Les deux parties ont signé un document attestant que le bail se terminera à ce moment.

La locataire croit qu'elle aurait pu plaider sa cause en invoquant la Charte des droits et libertés de la personne. Mais elle affirme que, pour avoir des chances de l'emporter, elle aurait eu besoin qu'un spécialiste, un psychologue ou un médecin par exemple, accepte de venir à la Régie du logement pour témoigner en sa faveur. « Ce sont des gens qui sont difficiles à faire déplacer », prétend-elle.

Déception

Mme Bergeron reconnaît qu'elle aurait préféré conserver son logement actuel, lequel est situé dans un secteur qu'elle aime particulièrement. « Pourquoi les propriétaires de maisons ont-ils un avantage par rapport aux gens en appartement? Eux, ils n'ont pas besoin d'avoir l'accord de personne pour avoir un chien d'assistance », note-t-elle.

Baptisé Chase, l'animal de la Magogoise lui fournit un soutien psychologique et thérapeutique. « Il est colleux et affectueux. Il m'aide à rester concentrée sur le moment présent et sur ce qui est essentiel, tout ça sans jugement. Je trouve que c'est le meilleur aidant qui soit. »

Jean-Philippe Langlois reproche cependant à Sandra Bergeron d'avoir eu plus d'un chien au cours des dernières années. Et il affirme que ces derniers ont causé des désagréments aux voisins.

Complexe

Œuvrant à titre de zoothérapeuthe, Isabelle Bouthillette connaît le parcours de Mme Bergeron et considère qu'elle a réellement besoin d'un animal d'assistance. Elle soutient également que Chase est un « très bon animal ».

Toutefois, Mme Bouthillette dit comprendre qu'un propriétaire d'immeuble locatif puisse s'opposer à la présence d'un chiendans un logement lui appartenant. « Les animaux endommagent parfois les planchers », remarque-t-elle entre autres.

Elle considère que l'idéal, pour Sandra Bergeron, aurait été d'acquérir un chien formé par une organisation semblable à Mira ou Les Chiens Togo. « Quand l'animal est accrédité, il est sans problème. Ça devient plus problématique autrement. Cela dit, je dois reconnaître que ce n'est pas facile d'en obtenir un. Donc c'est compliqué pour les gens dans une telle situation », avoue-t-elle.