Yves Bisson a reconnu avoir commis une agression sexuelle et du harcèlement le 28 août 2017 à Danville.

Six mois pour un voisin abuseur sexuel

SHERBROOKE — Poussé par une pulsion envers sa voisine, Yves Bisson de Danville est passé du fantasme aux actes en l’agressant sexuellement dans sa résidence à l’été 2017.

L’individu de 53 ans a été condamné, mardi, au palais de justice de Sherbrooke, à une peine de détention de six mois moins un jour par le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec pour cette infraction, mais également pour un autre épisode commis cinq mois plus tard et un bris de conditions.

Yves Bisson a reconnu une première introduction par effraction le 28 août 2017 à Danville et y avoir commis une agression sexuelle et du harcèlement auprès de la victime.

Intoxiqué par l’alcool, Bisson s’est présenté en sous-vêtement chez sa voisine prétextant s’être blessé à la tête. Constatant qu’il n’en était rien, la voisine a contacté les policiers qui l’ont exclu du domicile. Plus tard en soirée, il a téléphoné à sa voisine en respirant dans le combiné sans parler.

Le lendemain, il est retourné chez sa voisine et a demandé encore de l’aide pour sa prétendue blessure. Poussé par son état d’ivresse, il a mis à exécution sa pulsion sexuelle.

Bisson a poussé sa voisine contre le mur et lui a fait des attouchements aux seins avant de prendre la fuite.

La victime a vécu de graves répercussions à la suite de cette agression à son domicile.

Elle a mentionné lors des observations sur la peine que sa vie sera marquée à jamais. Elle a dû vendre sa maison. Elle était déjà fragilisée par une rupture. Elle a dû prendre des médicaments et consulter un psychologue.

Elle se sent coupable d’avoir ouvert la porte.

Bisson avait été évalué sur son aptitude à comparaître.

L’homme de 53 ans a fait une thérapie à la suite de ces gestes.

Trois mois plus tard, il s’est présenté sur les lieux du travail de la victime. Il a reconnu ce bris de conditions.

Yves Bisson a aussi reconnu une introduction par effraction dans le but d’y commettre du harcèlement criminel, le 10 janvier dernier.

Chez une autre voisine

Il est alors entré chez une autre voisine.

Il n’a pas obtempéré quand la voisine lui a demandé de quitter.

Cette voisine se sent craintive. Elle a vécu des cauchemars. Elle continue d’avoir peur. Elle a gardé chez elle une barre à clous, car elle craint de le croiser.

Yves Bisson a déjà été condamné pour des gestes de violence conjugale dans le passé.

Un rapport psychologique a été déposé au tribunal dans cette affaire. Il était en dépression et il avait consommé de l’alcool lors des gestes qu’il a reconnus.

Il a vécu certaines hospitalisations et suivi des thérapies à la suite des gestes.

Il reconnaît les gestes, mais se justifie par la consommation d’alcool. Bisson a de la difficulté à gérer ses émotions autrement que par la consommation d’alcool. Le rapport psychologique questionne sa capacité d’introspection.

Il assiste à des réunions des Alcooliques anonymes et s’est excusé pour les gestes posés lors des observations sur la peine.

En imposant la peine, le juge Dunnigan a rappelé que le domicile d’une personne est un endroit où elle est à l’abri de toute violence.

Bisson ne pourra communiquer avec les victimes dans le cadre d’une probation de trois ans. Il devra poursuivre son suivi en lien avec l’alcool.

Son nom sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

C’est Me Guy Boisvert qui assumait la défense de Bisson dans cette affaire.

La procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion analysera la décision avant de décider si elle la portera en appel.