Des policiers de Sherbrooke ont été honorés pour leur intervention bien structurée sur la rue Mezy en mai 2016.

Six héros du SPS salués par leurs pairs

Six agents du Service de police de Sherbrooke et un autre de la Régie de police Memphrémagog ont été honorés par leurs pairs, jeudi, à l’occasion du Gala des Prix policiers du Québec en raison de décisions prises rapidement qui se sont avérées les bonnes ainsi que pour leur professionnalisme.

Le 9 juin 2016, Pierre Audit, Sébastien Bourassa, Mélissa Brochu, Yannick Hamel, Benjamin Leblanc et Benoit Pellerin, du Service de police de Sherbrooke, ont dû intervenir à une résidence de la rue Mezy, où Alexandre Martineau vient de s’en prendre à ses grands-parents. Ils répondaient à un appel d’une femme au 911 pour demander qu’on vienne au plus vite, « il y a du trouble »!

« À leur arrivée, une dame d’environ 70 ans est à l’extérieur, le visage ensanglanté, un téléphone à la main. Une information supplémentaire entre à ce moment : le suspect aurait quitté les lieux au volant d’un véhicule de couleur verte. Le véhicule décrit vient tout juste de passer. L’un des agents quitte la voiture de patrouille pour porter secours à la dame, l’autre repart aussitôt pour intercepter le suspect », lit-on dans le récit des événements fourni par l’organisation du gala tenu à Montréal. 

« Alors qu’il arrive à elle, la dame s’écroule au sol, elle a de la difficulté à respirer. L’agent constate qu’elle a reçu de nombreux coups de couteau, près des épaules. Elle saigne aussi beaucoup de la bouche. Il entre rapidement à l’intérieur du domicile. Un homme, environ du même âge que la dame, est par terre sur le plancher de la cuisine, dans une mare de sang. Il y a des éclaboussures partout. »

L’homme tentait de ramper jusqu’à l’agent, mais il est trop mal en point, poursuit-on. « L’agent lui conseille de rester couché, l’informe que d’autres véhicules d’assistance sont déjà en route. L’homme, d’un signe de tête, lui montre qu’il a compris », lit-on.

« L’agent retourne à la dame sur le gazon. Elle respire avec peine, bruyamment. L’agent la couche sur le côté pour ne pas qu’elle s’étouffe avec son sang, elle en a plein la bouche. Une agente et un agent supplémentaires arrivent. Celui-ci se précipite à l’intérieur pour porter assistance à l’homme. L’agente reste avec le policier auprès de la dame, les deux tentant de voir la gravité de ses blessures et de lui donner les premiers soins. Ils appliquent une pression sur les plaies pour ralentir l’hémorragie du mieux qu’ils le peuvent. »

Un autre agent arrive pour apporter son aide, suivi des ambulanciers qui arrivent à leur tour et s’occupent ses victimes. Il s’est écoulé à peine quatre minutes depuis l’arrivée du premier véhicule de patrouille, fait-on remarquer.

« La décision d’intercepter la voiture verte le plus rapidement possible était la bonne, une chasse à l’homme venait d’être évitée. L’interception s’est déroulée quelques centaines de mètres à peine plus loin. Le conducteur était bien le suspect, âgé d’une vingtaine d’années », relate-t-on encore.

« Les victimes étaient ses grands-parents. Bien qu’on ait craint un bon moment pour leur vie, ils vont tous les deux s’en tirer. En état d’arrestation, le suspect, qui avait aussi des blessures résultant de l’altercation, fut conduit à l’hôpital. Comparaissant le surlendemain, Martineau a été accusé de tentative de meurtre et voies de fait grave. Il a été déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux en septembre 2016.

En arrêt respiratoire

Par ailleurs, en mai dernier, le sergent Steve Vachon, de la Régie de police de Memphrémagog, a porté secours à un homme en arrêt respiratoire, causé par un infarctus, qui se trouvait au volant de son véhicule, sur la rue Sherbrooke à Magog, dans un secteur très achalandé de Magog. Le véhicule de la victime, José Tétrault, en avait frappé un autre à un feu rouge, vers 16 h 30.

L’une des personnes descend du véhicule heurté et constate que le conducteur de celui qui vient de les frapper est inconscient et que les portières sont verrouillées. Le policier arrive sur place, suivi d’une ambulance. 

« Le policier constate rapidement qu’il n’y a qu’un moyen d’extraire rapidement le conducteur inconscient. Le propriétaire d’une compagnie de remorquage est là aussi… et il a un marteau! », souligne-t-on.

« Le policier fracasse la lunette arrière, désengage la transmission, déverrouille la portière du chauffeur, extirpe celui-ci du véhicule et entame aussitôt les manœuvres de réanimation cardiaque. »

Les ambulanciers, qui ont sorti leur équipement, prennent sa relève, font une défibrillation, deux, trois puis quatre. « Un faible pouls est enfin perceptible. Ils transportent le patient à l’hôpital de Magog d’où il sera transféré au CHUS », poursuit-on.

« On lui fait une angioplastie et on le plonge dans un coma artificiel duquel on espère qu’il s’en sortira sans séquelles. Contre toute attente, celui-ci se réveille par lui-même, dès le lendemain matin. Sa convalescence s’est bien déroulée. »

Cet acte d’héroïsme a valu au sergent Steve Vachon un Cristal.