Récidiviste de l’alcool au volant, Mathieu Archambault de Sherbrooke a été condamné à 50 mois de prison pour avoir happé à mort un homme de 62 ans à Sherbrooke en février dernier alors qu’il conduisait avec un taux d’alcoolémie dépassant de deux fois la limite permise par la loi.

Sexagénaire happé mortellement : 50 mois de prison pour l'accusé

« Ce que j’ai fait est terrible. Je suis désolé d’avoir enlevé la vie à monsieur Royal Leblanc et de l’avoir enlevé à sa famille pour une soirée de brosse. J’aurais voulu prendre sa place… »

Récidiviste de l’alcool au volant, Mathieu Archambault de Sherbrooke a été condamné à 50 mois de prison pour avoir happé à mort un homme de 62 ans à Sherbrooke en février dernier alors qu’il conduisait avec un taux d’alcoolémie dépassant de deux fois la limite permise par la loi.

L’individu de 26 ans a plaidé coupable, jeudi, à une conduite avec les capacités affaiblies causant la mort devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

L’homme de 62 ans a été heurté à mort par Archambault sur la rue des Jardins-Fleuris près de sa résidence de l’arrondissement de Fleurimont, le 18 février dernier.

« Vous avez causé la mort d’un honnête citoyen qui ne faisait que passer par là. Royal Leblanc est une victime du hasard. Il n’a eu aucune chance. Il était un conjoint, un père et un citoyen apprécié. Pour les proches il n’y aura jamais une sentence assez significative. La peine qui sera imposée n’a rien à voir avec la vie humaine qui a été perdue », a rappelé la juge Desgens.

La fille de la victime s’est adressée à l’accusé à la fin de son touchant témoignage.

« J’espère qu’il comprend sa responsabilité totale dans l’accident; que c’est entièrement de sa faute. Ses décisions ont un impact fatal. L’accusé a fait le choix de boire, de conduire de façon dangereuse et d’enlever la vie de mon père et de mon chien. J’ai pitié pour l’accusé et j’ai de la peine pour sa famille. Je ne suis pas prête à pardonner à cette personne. J’ai de la haine envers ce qui est arrivé, mais il reste un humain. Je lui souhaite de travailler sur lui-même en prison », souligne la fille unique de Royal Leblanc.

Le sexagénaire traversait la rue avec son chien à un passage pour piéton pratiquement devant sa résidence. Pour démontrer la force de l’impact, la botte de la victime a été retrouvée à 69 mètres de la collision.

« Notre vie a basculé à cause de l’insouciance et de l’inconduite de ce chauffard. Jamais rien ni personne ne remplacera l’absence de mon conjoint. Je souhaite que la sentence soit à la hauteur de la souffrance de ma fille et de moi », explique la conjointe de Royal Leblanc.
« Une simple lettre et un simple témoignage ne seront pas suffisants pour partager la peine qui m’habite. Je n’ai pas pu lui dire au revoir parce que quelqu’un m’a enlevé ce droit », ajoute la fille de la victime.

Entre 83 et 95 km/h

Après la collision initiale, le conducteur éméché a embouti et cassé un poteau électrique. Il roulait à une vitesse estimée entre 83 et 95 km/h. Les échantillons sanguins ont révélé un taux d’alcoolémie de 177 mg par 100 ml de sang. Au moment des faits, il prenait des médicaments qu’il ne pouvait mélanger à l’alcool.

Il ressort de la preuve que la victime était un homme prudent. Aucun élément contributif n’a été attribué à Royal Leblanc.

« Voir le corps sans vie de mon père est très lourd à porter. J’espère qu’il n’a pas souffert et qu’il n’a pas eu peur en mourant. Ce doute et cette incertitude sont très lourds à porter » soulève la fille de la victime.

Archambault avait été condamné en 2013 pour conduite avec les capacités affaiblies, après avoir été intercepté alors qu’il roulait à 110 km/h dans une zone de 50 km/h.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique et de la procureure aux poursuites criminelles Me Laurence Bélanger.

Archambault ne pourra pas conduire pour les sept années suivant l’expiration de sa peine. Un élément pour lequel l’accusé a demandé à être condamné.

La juge Desgens a insisté sur les critères dénonciation et de dissuasion en imposant la peine qui a été réduite de la détention provisoire purgée depuis la mi-avril.

« L’alcool au volant est un fléau dans plusieurs régions du Québec. Il faut communiquer la réprobation sociale à l’égard de ce type de crime », a indiqué la juge Desgens en imposant la peine.