Jean-François Poisson avait reconnu s’être masturbé dans les locaux de l’Office municipal d’habitation (OMH) sur la rue William-Ives à Sherbrooke en avril 2017.

Sévères conditions pour un exhibitionniste

Coupable de gestes d’exhibitionnisme, Jean-François Poisson devra compléter un suivi au CIVAS de l’Estrie, respecter une série de conditions et effectuer 240 heures de travaux communautaires.

Poisson avait reconnu s’être masturbé dans les locaux de l’Office municipal d’habitation (OMH) sur la rue William-Ives à Sherbrooke en avril 2017.

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Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec avait ordonné que Poisson soit évalué par un sexologue avant d’imposer la peine.

Un rapport présentenciel avait déjà été préparé dans ce dossier.

« L’objectif était d’imposer une peine pour protéger la société. Lorsqu’il est encadré, Jean-François Poisson fonctionne bien. Le juge a déterminé que la société sera mieux protégée s’il continue à être suivi par des spécialistes et qu’il ne consomme pas de drogue. Cette consommation favorise le passage à l’acte. La consommation de drogue déclenche les comportements de nature sexuelle qui perturbe la société », explique la procureure aux poursuites criminelles, Me Véronique Gingras-Gauthier.

Poisson effectue quatre heures de suivi par semaine auprès de CIVAS-Estrie, un organisme spécialisé pour le traitement des troubles sexuels. Au cours des trois prochaines années, il ne pourra fréquenter les lieux où il a commis les crimes.

« La condition la plus importante est de ne pas consommer de drogue. Vous devez mettre une croix là-dessus », a insisté le juge Chapdelaine.

Poisson devra poursuivre tout suivi relatif à sa condition psychologique ou pour éviter la consommation de stupéfiants. Il devra aussi être évalué par un organisme en déficience intellectuelle.

« Vous avez une chance ultime d’éviter la détention. Vous avez fait des efforts considérables pour essayer d’éviter la récidive. Votre comportement est positif. Dans un milieu encadré, nous espérons que vous pourrez continuer en ce sens », signale le juge Chapdelaine.

Une sentence suspendue avec trois ans de probation a été imposée à Jean-Francois Poisson, lundi, au palais de justice de Sherbrooke. Il devra effectuer 240 heures de travaux communautaires.

« Si l’accusé brise ses conditions, il pourra être ramené devant le tribunal pour qu’une peine de six à huit mois de prison lui soit imposée. Pour le moment, il reste en liberté avec un encadrement serré », explique Me Gingras-Gauthier.

Le juge s’est basé sur les multiples évaluations faites dans le dossier de Jean-François Poisson avant d’imposer la peine.

« Les suggestions des psychiatres, psychologues et avocats sont une alternative à la détention. On considère que vous êtes capable de respecter des conditions durant trois ans. On vous impose un cadre serré et rigide à l’intérieur duquel vous êtes capable d’évoluer », explique le juge Chapdelaine.

Déjà condamné à la prison pour des gestes indécents, Jean-François Poisson s’est repris en main au cours des derniers mois.

« Il semble vouloir se conformer pour éviter une peine. C’est un individu qui a déjà travaillé. Il est capable de travailler. Les travaux communautaires vont éviter qu’il reste oisif et la sentence suspendue va permettre de le ramener au tribunal s’il brise ses conditions », a mentionné l’avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette.

La procureure aux poursuites criminelles signale que Poisson possède six antécédents en matière d’exhibitionnisme.

« Un suivi serait la meilleure façon d’empêcher la récidive. Le condamner à une peine de détention pourrait lui faire perdre ses acquis, mais il doit rester encadré », avait plaidé Me Gingras-Gauthier.

Antécédents

En novembre 2017, Jean-François Poisson avait reconnu des gestes d’actions indécentes pour lesquels il avait été condamné à cinq mois de prison.

Il avait reconnu s’être masturbé en public et s’être trouvé nu dans un endroit public.

Poisson avait été surpris dans l’entrée d’un immeuble de la rue Marquette à Sherbrooke alors qu’il se masturbait.

Relâché après s’être engagé à respecter certaines conditions, Poisson est retourné au centre-ville de Sherbrooke.

Une fois dans le boisé en bordure de la rivière Saint-François au bout de la rue des Abénaquis, il s’est dévêtu.

Un père de famille qui se promenait avec son enfant dans le secteur de la place Nikitotek avait aperçu Poisson dans ce contexte.