Saad Amine Habboub

Saad Amine Habboub passera encore deux ans en prison

Coupable de tentative de meurtre alors qu’il a été freiné dans son élan de poignarder une femme en novembre 2017 à Sherbrooke, Saad Amine Habboub passera encore deux ans en prison.

« Le chef d’accusation est l’un des plus graves au Code criminel », a souligné d’entrée de jeu la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, lundi, en imposant la peine au palais de justice de Sherbrooke.

L’individu de 30 ans a été condamné à une peine globale de 57 mois de prison. La détention provisoire a été retranchée de la peine, ce qui fait en sorte qu’il se rendra tout de même dans une prison fédérale.

En mars dernier Habboub a été reconnu coupable relativement à toutes les accusations portées pour les gestes commis le 15 novembre 2017 derrière un bâtiment de la rue Kitchener à Sherbrooke, soit une tentative de meurtre avec un couteau, une conduite dangereuse, des menaces, des voies de fait armées en utilisant une voiture et le port d’arme dans un dessein dangereux.

Habboub tenait un couteau avec l’arme pointée vers le haut en s’adressant agressivement à la victime en la tenant responsable d’avoir gâché sa vie.

Un patrouilleur du Service de police de Sherbrooke est arrivé sur place de façon fortuite. La preuve révèle que l’intervention de quatre policiers a été nécessaire pour que l’accusé se rende, une fois mis en joue avec un appareil à impulsion électrique.

La peine imposée tient aussi compte des dossiers de violence conjugale que Saad Amine Habboub a reconnus entre mars 2013 et novembre 2017.

Durant cette période, l’accusé a notamment reconnu avoir battu sa femme alors qu’elle était enceinte, lui avoir planté un couteau dans un doigt et lui avoir proféré des menaces.

« Votre violence s’inscrivait dans un continuum (...) Vous devez apprendre à travailler votre problématique de recourir à la violence pour régler vos conflits avec votre entourage », soulève la juge Desgens. « Le traumatisme des victimes est évident. Les lettres des deux femmes victimes sont éloquentes. »

Habboub a commis le crime alors qu’il devait respecter des conditions de remise en liberté.

Risque de récidive

« Le risque de récidive apparait présent, existant, vu votre prise de conscience tardive. Vous présentez un potentiel de dangerosité certain envers les victimes », mentionne la juge Desgens.

Lors des observations sur la peine, Habboub avait présenté une lettre d’excuses à la victime qu’il a déposée au tribunal.

« Votre version a évolué pour ne pas dire changé au fil des mois. Ces différences ont été soulignées lors des observations sur la peine. Les contradictions dévoilent une minimisation de ce qui s’est déroulé avec les victimes », souligne la juge Desgens.

Comme facteurs aggravants, la juge a considéré la gravité des crimes commis, le contexte de violence conjugale, les séquelles psychologiques des victimes, le fait qu’il minimise les crimes, qu’il n’admet pas son intention de tuer, qu’il appelle ses crimes comme un malentendu, qu’il se considère comme une victime ainsi que sa hargne et son ressentiment envers la victime.

La juge a retenu comme facteurs atténuants les regrets exprimés, même s’ils sont mitigés, et sans démontrer une grande empathie, sa problématique de santé mentale, le fait qu’il n’a pas reçu d’aide en détention, qu’il accepte un suivi, qu’il veut travailler, terminer sa scolarité, qu’il a des projets et qu’il veut s’éloigner de Sherbrooke à sa sortie de prison.

Une probation de trois ans a été imposée à Habboub. Il ne pourra aucunement communiquer avec les victimes et ne pas mettre les pieds à Sherbrooke.

Habboub a quitté la salle d’audience en maugréant après avoir reçu sa peine.

C’est Me Émilie Baril-Côté qui représentait le ministère public, tandis que Me Ramy El Turaby défendait l’accusé.