Rassemblements illégaux: six contraventions en 24 heures

Au moins six contraventions de 1000 $ pour des rassemblements illégaux ont été remises par le Service de police de Sherbrooke dans les 24 dernières heures.

Selon le SPS, quatre constats ont été remis lors d’un seul événement, puisque les contrevenants auraient tenté de se cacher de la police.

À LIRE AUSSI:  Les corps de police seront plus sévères

« L’amende de 1000 $ est la plus basse, mais si le procureur considère que c’est plus grave, elle peut être revue à la hausse », précise le lieutenant en devoir. 

En soirée samedi, d'autres contraventions ont été distribuées par le SPS. Le nombre de billets d'infraction n'a pas été dévoilé.

Cependant, dans d’autres situations, un billet d’infraction général peut être remis. « Les gens ne respectent pas les règles de rassemblements, même si c’est de la famille qui se réunit dans le même appartement. Il va commencer à y en avoir plus », assure-t-il, rappelant les dernières directives du premier ministre François Legault. 

Mais les constats d’infraction peuvent aller jusqu’à 6000 $. Et plus d’une contravention peut être remise lors d’un même événement. « On peut donner un constat de 1000 $ pour la personne responsable, mais la loi nous permet d’identifier les gens à l’intérieur. Dans un événement où vingt personnes sont impliquées, on pourrait remettre 20 rapports d’infraction à 1000 $ chacune », explique le policier. 

D’autres formes d’intervention pourraient avoir lieu. « C’est comme lorsqu’on fait face à une manifestation de 5000 personnes, il y a des choses qu’on laisse passer, d’autres qu’on règle, dit-il. On est dans une intervention mondiale majeure. Sachez qu’on va faire le plus pour que les gens nous écoutent et comprennent la situation, même si on est en confinement depuis le 13 mars. » 

Dans un cas plus précis, qu’en est-il d’une personne seule qui va souper chez sa famille une fois par semaine? Est-ce un rassemblement? « Techniquement, on ne devrait visiter personne de notre famille, répond-il. Là où on va faire la séparation, c’est les adresses. Qu’est-ce qu’il a fait durant la semaine? Est-ce que c’est réellement sa seule sortie? Qui va nous dire que c’est vrai? C’est pourquoi il faut tout éviter, même si c’est très difficile. » 

Voisins 

Lorsque quelqu’un reçoit une contravention pour un rassemblement illégal, il est fortement déconseillé par le lieutenant de tenter de trouver qui a rapporté l’information à la police. 

« Après une intervention, une personne est allée voir son voisin pour lui reprocher de l’avoir dénoncé, raconte le lieutenant. J’espère que les gens n’embarqueront pas là-dedans. Si tu te fais dénoncer et que tu as un rapport d’infraction général, c’est parce que tu n’as pas respecté les règles. Ne va pas te venger sur ton voisin que tu penses qui t’a dénoncé, car tu vas te mettre dans le trouble. » 

« Le monde pense qu’ils ne se feront pas prendre, renchérit-il. Ils se font prendre, ils ont le billet et c’est tout. On ravale et on arrête de faire des rassemblements. »

Téléphone 

Autre rappel : ce n’est pas parce que la police ne débarque pas sur les lieux que le SPS ne fait pas d’intervention. 

« Parfois, on règle cela par téléphone, indique le policier. Si les gens ont l’impression qu’ils ont dénoncé et que la police n’a pas débarqué sur place, sachez que des interventions par téléphone se font. Ne pensez pas qu’on ne fait rien. On ne veut pas que nos policiers se mettent à risque sur toutes les interventions. Hier, il y a eu 18 appels. Est-ce qu’il y a eu 18 déplacements? Je suis sûr que non. » 

Le lieutenant cite en exemple le cas d’une entreprise. « Vendredi, on a eu un appel concernant une entreprise qui fonctionne actuellement, expose-t-il. On a appelé l’entreprise, qui a eu une dérogation du gouvernement pour travailler en effectif réduit. La personne qui a dénoncé nous a rappelés pour nous dire que la police n’avait pas débarqué. Ça s’est fait par téléphone et ils nous ont transmis leur dérogation par courriel. »