Les corridors vides du palais de justice.
Les corridors vides du palais de justice.

Quatre ans et demi de prison pour un abuseur sexuel

Mario Lessard a été condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir agressé sexuellement une enfant au moins une centaine de fois pendant plus de cinq ans à la fin des années 90 à Saint-Georges-de-Windsor.

La fillette qu’il utilisait comme objet sexuel avait entre 4 et 11 ans lors des gestes en cause.

L’individu de 55 ans a reconnu de multiples agressions sexuelles sur une victime mineure entre 1994 et 1999.

Pour ces gestes, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec lui a imposé une peine de 54 mois, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Lessard a reconnu avoir fait de multiples fellations et attouchements sexuels à la victime qui était alors enfant.

Étant donné que l’accusé ne reconnaissait pas certains gestes à caractère sexuel, la victime a été obligée de témoigner des gestes subis devant le tribunal.

« La victime avait dénoncé la situation à son père, mais elle n’avait alors pas reçu de soutien pour une dénonciation judiciaire (...) Cette enfant était clairement devenue un objet sexuel ce qui constitue une circonstance aggravante », souligne la juge Claire Desgens.

Lessard avait entre 28 et 34 ans lors des abus qu’il faisait subir à la jeune victime.

« Les abus ont été nombreux et intrusifs. La peine doit dénoncer et dissuader. Il ne s’agit pas d’une erreur de parcours, mais d’une déviance », estime la juge Desgens.

La juge Desgens a tenu compte dans l’imposition de la peine entre autres de la fréquence des gestes, du jeune âge de la victime, de la crainte suscitée par le secret imposé par Lessard, de la peur de l’enfant par rapport à son agresseur au physique imposant ainsi que des séquelles importantes de la victime.

« La victime a pu se faire entendre. Son témoignage est éloquent sur les impacts des abus sur sa vie. Ils ont empoisonné son existence. Il est clair que les nombreuses agressions ont laissé des marques indélébiles », signale la juge Desgens.

L’enfant avait dénoncé les gestes en 1999, mais le père de la victime n’avait pas porté l’affaire plus loin étant donné que l’accusé s’était excusé.

C’est en 2018 que la victime, alors adulte, a dénoncé Mario Lessard.

Le premier évènement est survenu alors que la victime avait quatre ans dans la camionnette de Lessard.

Les jeux sexuels avec la fillette se sont amplifiés au fil des mois.

« Au début c’était des caresses. Je jouais avec les parties du corps, puis ç’a commencé des petites fellations », avait décrit Lessard au tribunal.

L’accusé a même tenté d’avoir une relation sexuelle complète avec la fillette dans son propre lit conjugal.

« Il a admis que cette fois-là, puis aussi quelques autres fois, avoir eu des contacts pénis-vulve », a décrit la juge Desgens en relatant les propos de Lessard.

La juge a souligné que l’accusé avait tendance à minimiser les gestes qu’il a fait subir à la victime.

« L’accusé usait d’une mémoire sélective », a constaté la juge.

Mario Lessard devra s’inscrire au Registre des délinquants sexuels pour 20 ans.

C’est Me Marilène Laviolette qui représentait le ministère public dans cette affaire, alors que Me Jean-Marc Bénard défendait l’accusé.