Frédéric Beaudoin, reconnu coupable de leurres informatiques, de contact sexuel, ainsi que de trafic et de possession de cannabis, a fait 25 victimes.

Quatre ans de prison pour Frédéric Beaudoin

Le prédateur sexuel magogois derrière le leurre informatique de 25 adolescentes, Frédéric Beaudoin, a finalement écopé d’une peine de quatre ans de prison mercredi matin au palais de justice de Sherbrooke.

Attendue depuis la reconnaissance de culpabilité de l’accusé en décembre 2017 sur des chefs de leurres informatiques, de contact sexuel, ainsi que de trafic et de possession de cannabis, la sentence de Beaudoin faisait l’objet d’un débat concernant l’inconstitutionnalité de la peine à imposer.

Devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec, l’avocat de la défense, Me Guy Plourde, s’opposait ainsi à la peine exigée par le Code criminel, qui impose une année d’incarcération consécutive pour chaque victime. Suivant ce scénario, Beaudoin se serait retrouvé derrière les barreaux pour 25 ans.  

« La juge a dit que cette disposition était inopérante sur l’accusé », de partager la procureure de la Couronne, Me Joanie Houde-St-Pierre. 

Compte tenu de la soustraction de la détention préventive de l’accusé, la peine à purger ne s’élèverait plus qu’à environ 17 mois, précise-t-elle également. 

Ayant commis ses actes entre janvier 2015 et mai 2016, Beaudoin a utilisé la messagerie privée Messenger de Facebook pour solliciter ses victimes. Il a attiré les adolescentes à son logement de Magog par divers subterfuges de sollicitation de services de gardiennes, pour faire du ménage ou vendre des cellulaires.

Assise sur son divan en attendant que l’enfant inexistant arrive, l’une d’elles a subi des contacts sexuels. « J’ai croisé mes jambes et il a glissé sa main sur le pli de ma fesse. C’était subtil, mais je la sentais. Il utilisait l’envers de sa main gauche », avait affirmé l’adolescente lors de son témoignage.

Délinquant sexuel à perpétuité

Frédéric Beaudoin devra également s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour le reste de ses jours et se conformer à l’article 161 du Code criminel pour les 15 prochaines années. 

En vertu de cet article, il ne pourra pas se rendre dans les parcs ou endroits publics où pourraient se trouver des enfants de moins de 16 ans et il lui sera impossible d’occuper un emploi, rémunéré ou non, où il serait placé en situation de confiance ou d’autorité auprès de personnes de moins de 16 ans,

Il ne pourra non plus se trouver dans un rayon de moins de 2 km de ses victimes ni utiliser internet, sauf à l’intérieur du cadre permis par la cour. Il ne pourra notamment pas faire l’usage de réseaux sociaux.   

L’incarcération de Frédéric Beaudoin sera suivie d’une période de probation de trois ans, durant laquelle il devra se soumettre à certaines thérapies en plus de se tenir loin de substances. 

« La juge avait identifié des problématiques de consommation chez l’accusé », précise Me Houde-St-Pierre.