Proxénétisme: il plaide coupable à des accusations réduites

SHERBROOKE - Accusé de proxénétisme à Sherbrooke, Mahad Rachid Jama a réglé ses comptes avec la justice en plaidant coupable à une accusation réduite « d'avoir bénéficié d'un avantage pécuniaire qu'il savait provenir des fruits de la prostitution » avant d'être libéré de prison.

Les accusations initiales d'avoir amené une personne à offrir des services sexuels moyennant rétribution, d'avoir fait de la publicité pour offrir des services sexuels moyennant rétribution, d'extorsion et d'intimidation à Sherbrooke, Montréal et Laval ont été retirées.

« Il y a un monde de différence entre le plaidoyer enregistré et les accusations qui avaient été portées. L'accusation reconnue correspond avec la preuve que j'ai entendue. Le fait de vivre des fruits de la prostitution consiste à vivre en parasite du travail de quelqu'un d'autre. Le rôle de souteneur est souvent associé à un rôle de sécurité, mais aussi davantage à un rôle de contrôle », a signalé la juge Claire Desgens de la Cour du Québec en imposant la peine.

Le procès de Jama était fixé pour trois jours au début janvier 2019, mais des négociations entre la poursuite et la défense ont permis d'en venir à une entente qui s'est soldée par une peine de dix mois de prison, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

Les gestes qui ont été reconnus par l'individu ont été commis entre le 28 avril et le 2 juin 2018.

« Suggestion clémente »

Le temps de détention provisoire purgé par Jama, calculé à temps et demi, correspond à la peine de dix mois qui lui a été imposée. L'accusé sera libéré de prison vendredi après avoir purgé une dernière journée de prison à la suite de la suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Marilène Laviolette et de l'avocat de la défense Me Alexandre Paradis.

« Je trouve cette suggestion clémente. C'est un crime que je considère extrêmement sérieux. C'est une façon de faire de la traite humaine en obtenant un salaire sans effort en se prêtant à des gestes qui incite une femme à se prostituer. S'il y avait eu un contexte de violence ou si la victime avait été mineure, la peine aurait pu être de beaucoup supérieure à celle proposée », a indiqué la juge qui a tenu compte que la victime n'aura pas à venir témoigner à nouveau.

La plaignante, une jeune femme de 19 ans, vendait des services sexuels depuis avril dernier dans l'objectif d'ouvrir un salon de coiffure avec son amoureux Mahad Rachid Jama.

L'homme de 30 ans offrait les services sexuels de la plaignante notamment sur le site « Annonces intimes ».

Jama prenait des photos, choisissait le nom d'escorte, publiait chaque matin de nouvelles photos, fixait les prix, clavardait avec les clients et fixait les rendez-vous. L'argent était remis de façon volontaire par la victime à Jama.

L'entente était un partage de 50-50 sur les profits.

« J'ai entendu l'enquête préliminaire. La dame qui a témoigné devant moi était vulnérable et fragilisée. Vous avez pris contact avec elle au moment où elle était fragile. Elle a cru à cette relation amoureuse, mais qui s'est transformée en un rôle qui lui a permis de se prostituer. Quand on parle du terme de volontaire, je crois qu'il y a des nuances à apporter », estime la juge Desgens.

Une probation de deux ans a été imposée à Jama. Il ne pourra pas se trouver à moins de 100 mètres du domicile de la victime et ne pourra entrer en contact avec elle.

Il ne pourra se trouver à tout endroit relié à l'industrie du sexe. Jama ne pourra publier d'annonces de services sexuels ou consulter de sites Internet de nature sexuelle.