Accusé de dix chefs d'accusation en lien avec le proxénétisme, Mathieu Larin devra rester détenu pour la durée des procédures judiciaires.

Proxénétisme allégué : Mathieu Larin restera en prison

Le tribunal ne croit pas du tout à l'intention de Mathieu Larin de se rendre en thérapie pour traiter ses problèmes de dépendance aux stupéfiants.
Accusé de dix chefs d'accusation en lien avec le proxénétisme, Larin devra rester détenu pour la durée des procédures judiciaires.
« Le tribunal doute de vous et de votre volonté. Vos propos sur Facebook selon lesquels une thérapie ne vous aidera pas, parlent d'eux-mêmes. Cette intention d'aller en thérapie vise juste à vous éviter d'aller en détention », a déterminé le juge Conrad Chapdelaine dans sa décision rendue, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.
Mathieu Larin, qui possède plusieurs antécédents judiciaires, est accusé d'avoir amené une personne à offrir des services sexuels moyennant rétribution entre mars et juin 2017, soit du proxénétisme. L'individu doit aussi répondre d'avoir fait de la publicité pour offrir des services sexuels moyennant rétribution et d'avoir bénéficié d'un avantage pécuniaire qu'il savait provenir de la prostitution.
Des accusations de voies de fait, de séquestration, d'agression sexuelle et de méfait sont portées contre lui.
Larin utilisait le site « Annonces intimes » pour offrir divers services sexuels de jeunes femmes qu'il aurait recrutées. La victime alléguée aurait travaillé pour Larin jusqu'en juin. Des photos en lingerie des femmes étaient publiées sur le site Internet qui servait à attirer les clients. Laurin aurait eu jusqu'à six à sept filles sous son emprise au cours de la période, dont il est accusé. Larin louait des chambres d'un établissement hôtelier de Sherbrooke. C'est lui qui répondait aux messages des clients qui sollicitaient les services sexuels.
Trois à six clients pouvaient s'y déplacer par jour. Certains services sexuels ont aussi été offerts durant la période des accusations dans un appartement du secteur Mi-Vallon ainsi qu'à domicile pour un montant dépassant les 600 $ à 700 $ pour deux heures.
Les escortes recevaient les deux tiers de la rétribution et en remettaient un tiers au proxénète allégué.
Durant la période des accusations, les victimes alléguées auraient reçu de 2000 $ à 3000 $ en rétribution.
« Vous contrôliez tout, autant l'organisation, la publicité, la location des chambres que la tarification. Vous êtes devenus jaloux et possessif ce qui vous a poussé jusqu'à commettre une agression sexuelle et des voies de fait. Par peur, la victime s'est rendue à la police où elle a fait une déclaration vidéo et écrite », a souligné le juge Chapdelaine.
C'est dans un contexte où la violence, la contrainte et la consommation de drogue, plus particulièrement de la cocaïne, étaient omniprésentes que l'une des victimes alléguées a brisé le silence pour sortir de ce milieu.
C'est la Sûreté du Québec qui a mené cette enquête qui avait été initiée par le Service de police de Sherbrooke.
Le juge Chapdelaine a noté les nombreux bris d'engagement de Larin devant le tribunal au cours des derniers mois.
« Les crimes auraient été commis dans un contexte de manipulation et d'intimidation », a souligné le juge.
L'avocat de la défense Me Alexandre Fleurent de l'aide juridique et la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau ont reporté le dossier au 21 septembre prochain.